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 (wenper) laissez parler les petits papiers

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Peter
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P. Harper Pan

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MessageSujet: (wenper) laissez parler les petits papiers   Sam 24 Déc - 0:36

Moïra & Harper


Laissez parler les petits papiers

La journée avait commencé doucement. Il avait pris le temps de trainer au lit puisqu'il n'avait pas à aller travailler aujourd'hui. Il aimait ces journées où il n'avait pas à se soucier d'arriver à l'heure, où il n'avait pas de contrainte, pas de guide tout tracé à suivre. Il aimait ce semblant de liberté qu'il retrouvait les jours où il ne travaillait pas. Même si cette liberté lui semblait toujours bien fade en comparaison à celle qu'il avait connu au Pays Imaginaire, il fallait bien l'avouer. Pourtant il avait appris à saisir les faibles brides de son bonheur passé quand elles ressurgissaient dans ce nouveau monde. Il était donc resté allongé un long moment, les yeux grands ouverts, retraçant dans son esprit l'une de ses nombreuses aventures au Pays Imaginaire. Il se revoyait volant dans les airs, Clochette à ses côtés, poursuivant le danger sans éprouver la moindre peur. Il resta quelques instant à y penser avant que la douleur d'avoir tout perdu ne ressurgisse au fond de sa gorge. Alors il se leva d'un coup, chassant le Pays Imaginaire de son esprit et retombant dans le monde froid et triste qui était pour l'instant le sien. Bien sur il n'avait aucune intention d'oublier d'où il venait. Mais quand penser à son Ile devenait trop douloureux, il préférait penser à autre chose. Il s'habilla rapidement et quitta son dortoir l'air légèrement hagard, encore à moitié envouté par ses pensées. Il erra quelques instant sans trop savoir où il voulait aller jusqu'à se retrouver dans un long couloir qu'il connaissait bien. A cet instant précis, il vit l'homme sortir par la porte et quitter les lieux. Son coeur loupa un battement, ce pouvait-il que le hasard ait si bien fait les choses pour qu'il arrive pile au bon moment ? Scrutant le bout du couloir, il s'avança discrètement jusqu'à la porte et s'assit en tailleur en face d'elle.

C'était devenu une habitude. Une habitude agréable qui l'accompagnait presque quotidiennement et dont il appréciait chaque instant. Il se souvenait encore du jour où il avait fini par comprendre qu'il y avait bien quelqu'un dans cette chambre. Il s'était approché après avoir vu l'homme partir. Dans son esprit, il ne savait plus exactement s'il lui avait parlé ou s'il avait déjà glissé un premier papier sous la porte. Quoi qu'il en soit, c'était devenu leur manière de communiquer. Sous la porte froide de cette chambre qui la gardait prisonnière, à travers des mots échangés sur des petits papiers. Il essayait souvent de l'imaginer, de deviner ses traits à travers ceux qu'elle traçait sur le papier. L'avait-il déjà aperçu dans le manoir avant qu'elle ne se retrouve enfermée là ? Elle lui semblait si familière, il avait l'impression de la connaitre mieux que personne et pourtant il était incapable de mettre un visage sur son nom. Il aurait pu la croiser à n'importe quel moment et ne jamais la reconnaitre. C'était un mystère qui faisait naître en lui un mélange d'excitation et de curiosité. Il aurait voulu défoncer cette porte simplement pour l'apercevoir. Peut-être qu'un jour, il finirait par le faire. En attendant, il sortit de sa poche un papier et un stylo, autre habitude qu'il avait prit, et griffonna de son écriture maladroite "Moïra ? tu crois qu'il est parti pour longtemps ?" Puis, alors qu'il glissait le papier sous la porte, il tapa trois petits coups secs, pour l'informer de sa présence.


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Wendy
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MessageSujet: Re: (wenper) laissez parler les petits papiers   Mer 28 Déc - 20:54


   
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La sonnerie du réveil de Smee la tira de ses rêves. Elle tenta de lutter, de rester endormie encore un peu pour conserver la chaleur du rayon de soleil qui réchauffait sa peau dans son sommeil. Elle se voyait, allongée dans un champ, yeux clos, profitant simplement de l’air doux en écoutant les oiseaux chantonner. Un bonheur simple, pur, un sentiment de liberté qui habitait sa poitrine, elle se sentait bien. Un grognement la tira pourtant de son songe et elle se força à ouvrir ses yeux ensommeillés. Son regard se posa sur le plafond blanc, plongé dans la noirceur par les volets clos. Comme à son habitude, Wendy se leva pour aller réveiller le pirate afin qu’il ne soit pas en retard. Avec une certaine tendresse malgré la situation étrange qu’il lui imposait, elle lui secoua doucement l’épaule « Smee, il faut se lever tu dois y aller. ». Tous les matins, c’était le même rituel, telle une mère avec son enfant, elle venait le tirer du lit. Il grognait, se couvrait la tête avec la couette, râlait, puis finissait par émerger, prendre une douche et aller petit-déjeuner. Il lui montait toujours sa part avant de partir travailler, pour qu’elle puisse tenir jusqu’au midi. Dans la chambre, il avait installé une petite plaque de cuisson assez basique ainsi qu’un réfrigérateur qu’il ravitaillait régulièrement et la jeune femme devait se débrouiller avec cela pour son repas du midi, et parfois pour celui du soir. Ce matin-là ne dérogea pas à la règle et une fois qu’il eut quitté la pièce pour aller travailler, Wendy soupira, partagée entre le soulagement d’être enfin seule et de pouvoir faire ce qu’elle souhaitait, et l’angoisse de passer une nouvelle journée enfermée ici sans autre paysage que la chambre ou le jardin qu’elle pouvait observer par la fenêtre. Pour ne pas penser à ses craintes, elle s’installa sur son lit pour déguster son petit-déjeuner, elle trouverait des occupations, comme toujours.

Trois petits coups secs la tirèrent de ses pensées et son cœur se mit à battre bien plus vite dans sa poitrine. Un immense sourire s’étala sur son visage et avec impatience, elle se leva du lit pour gagner la porte d’entrée. Le petit papier était bien là, le petit mot écrit par cet inconnu qui n’en était plus vraiment un, qui lui rendait visite régulièrement, cet homme qu’elle appréciait beaucoup. Ils ne s’étaient jamais vus évidemment, car elle était enfermée ici… Pourtant ils avaient noué une relation très forte, et elle attendait chacun de ses petits mots avec beaucoup de hâte, ils égaillaient ses journées, la rendaient heureuse. Elle déplia délicatement le papier, son cœur tambourinant toujours aussi vite dans sa poitrine. « Moïra ? Tu crois qu’il est parti pour longtemps ? ». Ravie de cette question car elle présageait un moment ensemble qui durerait plus de quelques minutes, elle s’empressa de prendre un stylo et de répondre : « Harper ! Je suis tellement contente que tu sois là. Il est parti au travail, il en a pour la journée. Tu as un moment pour discuter ? ». C’est ce qu’ils faisaient quand ils avaient du temps, ils parlaient, comme s’ils étaient dans la même pièce, sauf qu’ils se trouvaient chacun d’un côté de la porte. Elle adorait ces instants volés où elle n’était plus seule, où elle n’avait plus l’impression d’être isolée. Elle adorait avoir un secret qu’elle cachait à son geôlier, quelque chose qu’elle ne gardait que pour elle. Wendy glissa sa réponse sous la porte et attendit impatiemment de recevoir un autre papier, ou mieux d’entendre la voix de son ami caché.
- Adrenalean 2016 pour Bazzart.
   


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P. Harper Pan

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MessageSujet: Re: (wenper) laissez parler les petits papiers   Ven 13 Jan - 2:04

Moïra & Harper


Laissez parler les petits papiers

Assis par terre, face à cette maudite porte, il ne put s'empêcher de ressentir une certaine forme d'impatience. En réalité, c'était un mélange d'impatience et d'excitation. De peur aussi peut-être. La peur qu'elle ne soit plus derrière la porte, la peur que ce fou furieux qui la gardait enfermée là ait décidé de l'emmener ailleurs. Chaque fois qu'il glissait un premier papier sous la porte, il sentait son estomac se tordre. Il retenait son souffle sans même s'en apercevoir. S'il avait été debout, il aurait surement fait les cent pas. Elle ne mettait jamais bien longtemps à répondre pourtant, mais ces quelques instants durant lesquels il imaginait que peut-être elle n'était plus là lui provoquaient à chaque fois une angoisse violente qui s'emparait sans ménagement de l'intégralité de son corps. Fermant les yeux, il essaya de l'imaginer de l'autre côté, apercevoir son bout de papier et se hâter d'aller le récupérer. Il tenta de se concentrer pour compter les secondes qu'il lui fallait pour s'installer et lui répondre. Relevant une paupière régulièrement, son estomac se serrait un peu plus à mesure que rien ne semblait bouger derrière la porte. Cet instant lui sembla durer une éternité, même si il savait au fond de lui que seuls quelques minutes s'étaient écoulées.

Et puis il le vit sortir de sous la porte. Le même papier qu'il avait utilisé quelques instants plus tôt. Sans aucune hésitation, il se jeta dessus, espérant qu'elle lui dirait qu'ils allaient pouvoir partager un moment seuls tous les deux. « Harper ! Je suis tellement contente que tu sois là. Il est parti au travail, il en a pour la journée. Tu as un moment pour discuter ? » Sans qu'il ne puisse le contrôler, un large sourire apparu sur son visage. Elle ne pouvait pas le voir pourtant, mais sa réponse le rempli de joie. Il aimait ne pas avoir à s'inquiéter du retour de cet homme. Savoir qu'il pouvait rester assis là pendant des heures sans se méfier à simplement profiter de sa présence derrière cette porte si froide. « Oui Moïra ! » Les mots lui échappèrent même si instinctivement il parla assez fort pour qu'elle puisse l'entendre de l'autre côté. Parfois ils échangeaient quelques mots à l'oral, mais les possibilités restaient assez limitées. Et puis avec le temps, il avait aussi appris à aimer la lire. C'était une relation qu'il n'entretenait avec personne. Il ne prenait jamais le temps de lire quelqu'un ou même d'écrire à quelqu'un. Il n'était pas du genre à recevoir des lettres ou à s'installer derrière un bureau pour en écrire. Elle était la seule à qui il écrivait régulièrement et finalement, il s'était mis à penser que peut-être leur relation n'aurait pas été aussi belle si ils avaient eu l'occasion de se parler à haute voix. Il avait le sentiment que chaque mot écrit sur un morceau de papier avait plus d'importance, d'impact, que ceux qu'ils pouvaient prononcer. Pourtant, à chaque fois qu'il avait eu l'occasion d'entendre sa voix, il aurait voulu que ce son ne s'arrête jamais. Sans perdre plus de temps, il se mit alors à écrire de nouveau. « Je ne pensais pas pouvoir venir, mais je l'ai vu partir au loin. Je suis si heureux d'être là aussi. » Il hésita quelques secondes avant de continuer. « Tu m'as manqué ! » Pourtant il lui avait parlé rapidement hier, mais en simple coup de vent, rien qui ne pouvait suffire à combler son envie de passer du temps avec elle. « J'ai tout mon temps oui, je ne travaille pas aujourd'hui ! Ca va toi ? Il n'a pas été trop dur ? Qu'est ce que tu as fait depuis la dernière fois ? » Il allait écrire encore quand il se força à relever son stylo. En regardant son message il se dit que si il avait pu réellement lui parler, il l'aurait saoulé par ses mots. Alors il ne rajouta rien et glissa simplement le papier sous la porte, un sourire espiègle sur son visage.


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MessageSujet: Re: (wenper) laissez parler les petits papiers   Dim 5 Mar - 19:42


   
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Laissez parler les petits papiers.

   
   

   
Elle ne pouvait pas le voir mais elle pouvait l’imaginer. C’est ce qu’elle se plaisait à faire, chaque fois qu’elle se trouvait assise derrière cette porte, à attendre une réponse de Harper. Elle fermait les yeux et tentait de deviner ses traits, lui en prêtant de nouveaux à chaque fois. À quoi pouvait-il bien ressembler ? Était-il blond ? Brun ? Avait-il les yeux marrons ? Verts ou bleus ? Elle n’en avait aucune idée, et ne lui avait jamais posé la question, elle préférait garder le mystère entier jusqu’au jour où, peut-être, elle le verrait enfin. Wendy aimait entretenir cette image de Harper, l’inconnu derrière la porte. Les images de lui emplissaient son esprit quand elle discutait avec lui mais aussi parfois, quand les longues journées ne lui apportaient aucune autre distraction que son imagination. Elle se disait que leur relation serait surement différente si elle l’avait déjà vu, peut-être moins forte, car elle n’aurait pas eu le loisir de lui créer un visage des heures durant dans l’intimité de son esprit. Elle avait découvert que parler à une personne sans n’avoir aucune idée de ce à quoi elle ressemblait changeait totalement la donne, on ne se raccrochait pas à son apparence, on se raccrochait au lien que l’on était en train de tisser, aux détails que l’on pouvait glaner, on s’intéressait réellement à la personne dans son ensemble. La vision qu’elle préférait de Harper, celle qui revenait le plus souvent lui prêtait des cheveux blonds foncés, coupés courts mais pas trop, des yeux verts pétillants de malice, car cela, elle en était persuadée, son regard était empli d’étoiles. Elle le voyait grand, plutôt carré de par son côté protecteur. « Oui Moïra ! » Sa voix la tira de sa rêverie et elle rit de bon cœur. Ils n’échangeaient que peu en parlant mais c’est ce qui rendait ces moments si particuliers, si plaisants. Elle sentait l’impatience qu’il avait du ressentir en attendant sa réponse, et cette impatience la gagna à son tour, elle avait hâte de le lire. Wendy était heureuse, heureuse car il venait de lui confirmer qu’il allait pouvoir passer un peu de temps avec elle. Les moments de réel bonheur étaient rares depuis qu’elle était enfermée, ceux qu’elle vivait étaient presque toujours liés à son correspondant mystérieux.

Après de longues secondes d’attente, des secondes qui lui avaient semblé être des minutes, elle vit un nouveau petit papier blanc glisser sous la porte et s’en saisit, fébrile. Chaque fois son cœur ratait un battement tant elle avait hâte de le lire, de lire ses mots, de lire ce qu’il lui avait écrit. Elle avait presque l’impression d’être l’héroïne d’un roman en entretenant cette relation secrète par écrit. Elle ouvrit le papier et laissa son regard glisser sur les lettres manuscrites. « Je ne pensais pas pouvoir venir, mais je l'ai vu partir au loin. Je suis si heureux d'être là aussi. Tu m'as manqué ! J'ai tout mon temps oui, je ne travaille pas aujourd'hui ! Ca va toi ? Il n'a pas été trop dur ? Qu'est ce que tu as fait depuis la dernière fois ? ». Un sourire était greffé à ses lèvres, elle était ravie de savoir qu’il avait sauté sur l’occasion en voyant Smee s’éloigner, pour venir passer du temps avec elle. Il choisissait de venir alors qu’il ne pouvait communiquer avec elle que par écrit. C’était un signe fort pour Wendy, un signe qu’il partageait ce véritable plaisir à échanger avec elle. Elle lui avait même manqué. Oh comme ces mots la touchait ! Elle tentait de ne pas s’emporter, de ne pas laisser la joie exploser dans sa poitrine et la submerger car elle ne voulait pas penser en détails aux sentiments que ces quelques paroles déclenchaient en elle. Elle ne pouvait pas laisser son cœur romantique se bercer d’illusion alors qu’elle était enfermée ici. Elle respira un bon coup pour se calmer et laissa le stylo glisser sur le papier, toujours aussi souriante. « Toi aussi tu m’as  manqué ! Le temps m’a semblé tellement long depuis nos derniers échanges alors que c’était hier… C’est bien ça c’était hier ? Je perds la notion du temps parfois, je ne voudrais pas dire de bêtise ! » Elle se mordilla la lèvre et se relu pour être sûre de ne pas dire de choses inappropriées. Son attachement à lui, à leurs moments, transparaissait clairement dans ses propos mais peu lui importait, il savait qu’il était important pour elle. Elle reprit sa plume pour continuer. «  Je suis en tout cas heureuse que tu prennes un peu de temps pour moi. Merci. Je vais plutôt bien, la routine habituelle, j’ai lu, j’ai cuisiné, j’ai raconté des histoires. Smee avait bu hier soir, il est rentré d’humeur exécrable.  » Elle n’ajouta pas qu’il avait laissé une trace sur son poignet tant il l’avait serré fort pour qu’elle se plie à ses ordres, elle n’ajouta pas qu’elle en avait pleuré avant de s’endormir. Non, elle changea de sujet pour ne pas en rajouter sur son sombre quotidien. « Et toi comment vas-tu ? Qu’as-tu fait ? Raconte-moi tout ! » Elle était avide d’anecdotes sur son quotidien, c’était sa bouffée d’air frais de lire qu’il avait une vie normale et pourtant fascinante. La jeune femme ferma le petit papier noirci de son écriture et le glissa sous la porte. Elle attendait déjà la réponse avec hâte.
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MessageSujet: Re: (wenper) laissez parler les petits papiers   Jeu 25 Mai - 23:20

Moïra & Harper


Laissez parler les petits papiers

Il y avait un mélange de frustration et d’excitation à chaque fois qu’il se retrouvait devant cette porte. Il y avait le gout de l’interdit, la menace de voir cet homme revenir à l’improviste et de le laisser voir ce qu’ils avaient réussi à cacher jusque-là. Parfois pourtant Harper éprouvait l’envie que cet homme ose revenir. Parce qu’alors, il ne se laisserait pas faire. Il le regarderait droit dans les yeux et il l’affronterait. Il le combattrait comme il l’avait si souvent fait avec Crochet. Il ne se laisserait pas faire et il gagnerait. Et alors il ouvrirait cette porte et enfin il pourrait la voir. Enfin il pourrait mettre un visage sur un nom, sur une écriture. Il n’avait aucun doute sur le fait qu’il ne pourrait jamais être déçu d’une telle révélation. Les heures passées devant cette porte l’avaient poussé à imaginer Moïra sous toutes les coutures. Evidemment, il n’avait aucune idée de la réalité, mais quelle qu’elle soit, il avait fini par se dire que ça n’avait finalement pas d’importance. Moïra avait envahi ses pensées et son être avant même de laisser le soin à ses yeux de la découvrir. C’était inhabituel, c’était surprenant et s’il n’avait pas été sans crainte, ça l’aurait peut-être effrayé également. Mais au fond de lui, même s’il ne connaissait pas grand-chose aux sentiments des adultes, il sentait que tout ceci était positif, que tout ceci n’avait rien à voir avec toutes les aventures qu’il avait pu vivre auparavant.

Il fixait le dessous de cette porte avec une telle intensité qu'il avait l'impression que si il continuait encore un peu, il pourrait finir par voir à travers. L'attente le tuait à petit feu, mais il ne bougea pas d'un pouce, afin d'être sur de ne pas rater le morceau de papier. Quand enfin il le vit réapparaitre, il se jeta dessus et se mit à le lire en quelques secondes. « Toi aussi tu m’as  manqué ! Le temps m’a semblé tellement long depuis nos derniers échanges alors que c’était hier… C’est bien ça c’était hier ? Je perds la notion du temps parfois, je ne voudrais pas dire de bêtise ! Je suis en tout cas heureuse que tu prennes un peu de temps pour moi. Merci. Je vais plutôt bien, la routine habituelle, j’ai lu, j’ai cuisiné, j’ai raconté des histoires. Smee avait bu hier soir, il est rentré d’humeur exécrable.  Et toi comment vas-tu ? Qu’as-tu fait ? Raconte-moi tout ! » Il laissa son visage exprimer son ressenti à mesure qu’il dévorait les mots qu’elle avait écrit. Il y eut d’abord un sourire ravi, il lui avait manqué. Puis une pointe de tristesse, celle de l’imaginer coincée dans cette chambre à trouver le temps long. Un peu de fierté en pensant que sa venue puisse la rendre si heureuse et qu’il puisse être celui qui lui permettait de penser à autre chose. De la colère quand il imagina ce misérable et ce qu’il avait bien pu lui faire subir hier soir. Et puis de la résignation. Il aurait voulu en savoir plus, mais il comprenait aussi bien souvent par ses mots qu’elle ne souhaitait pas en parler et que ce qu’il avait à lui raconter devait plutôt lui permettre de s’évader. Comme il aurait voulu pouvoir ouvrir sa porte, puis sa fenêtre et s’envoler avec elle pour lui faire découvrir son monde, celui où elle n’aurait plus à  se soucier de ce genre de problème. Celui où, il en était sûr, elle pourrait être heureuse.

Pour ne pas la faire attendre trop, il se hâte de prendre son stylo et d’écrire à sa suite. « Oui c’était bien hier, mais ne t’en fais pas, ça ma parut aussi une éternité. » Il s’arrêta un instant, espérant qu’elle ne pensera pas qu’il écrivait ces mots pour la rassurer. Même sans être enfermé, il lui semblait toujours que leurs échanges étaient bien trop éloignés. Relisant une phrase qu’elle avait écrite, il se remit à écrire.  « Je suis désolé qu'il soit rentré comme ça. J'aimerai tellement pouvoir y faire quelque chose. » Un instant il hésita, peut-être ne devait-il pas lui écrire des choses dans ce genre. Peut-être aurait-il du tout simplement agir. Pourtant il savait aussi que l'espoir était quelque chose d'important. Alors il se contenta de continuer. « Moi ça va très bien. Je suis allé travaillé hier, les enfants étaient en forme, on a bien rigolé. Le petit Parker avait envie de savoir comment se battre en duel. Alors j'ai pris deux bouts de bois et je lui ai montré comment faire. Tous les enfants ont bien rigolés. Après je leur ai raconté une histoire, une histoire d'aventure. C'était une belle journée. » A nouveau il s'arrêta. Il adorait lui raconter les histoires de sa classe, de comment il leur faisait vivre des aventures extraordinaires. Mais parfois, il avait peur qu'elle réagisse comme les autres professeurs ou comme le directeur. Il avait peur qu'elle pense qu'il était un mauvais professeur parce qu'il ne perdait pas son temps à enseigner les mathématiques ou la géographie. Alors en plissant le nez il rajouta. « Enfin je leur ai appris aussi la table de 2, tu sais, c'était moins drôle mais c'est utile aussi. » Il n'en pensait pas un mot, mais pourtant il se sentit heureux de l'avoir écrit. Il voulait qu'elle ait la meilleure image possible de lui. Il voulait être son héro à travers la porte. Il voulait qu'elle puisse croire en lui. « Et puis je suis rentré, j'ai passé une soirée tranquille avec Poppy, tu sais je t'ai déjà parlé d'elle. » Il n'avait jamais beaucoup insisté cela dit, mais il l'avait déjà évoquée, parce qu'il n'aurait jamais pu faire comme si Clochette n'était pas une part essentielle de sa vie. Pourtant, à chaque fois qu'il écrivait son nom sur un bout de papier avant de le glisser sous la porte, il avait peur que Moïra le prenne mal. Il n'aurait pas su l'expliquer, il ne voulait juste pas la laisser penser qu'il puisse avoir quelqu'un d'autre à l'esprit. Alors il écrivit quelques mots de plus. « Je te la présenterais quand tu sortiras d'ici, je suis sur que vous vous entendrez très bien. » Il sourit en pensant à une réunion des deux. Il sourit en pensant à Moïra en dehors de cette chambre. Il jeta un coup d'oeil au papier qu'il avait déjà beaucoup noircit. Alors pour ne pas la faire attendre plus, il plia le papier et le glissa à nouveau sous la porte, déjà impatient de pouvoir la lire à nouveau.


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MessageSujet: Re: (wenper) laissez parler les petits papiers   Ven 16 Juin - 17:19


   
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Laissez parler les petits papiers.

   
   

   
Dans certains romans qu’elle avait lus, Wendy avait découvert des histoires d’amour follement romantiques. Chaque fois les éléments de l’intrigue étaient plus ou moins proches : un homme et une femme dont les vies sont opposées se rencontrent, c’est le coup de foudre mais tout joue contre eux, les empêchant d’être ensemble. Après nombre de péripéties, de séparations, d’épreuves, ils finissent heureux et plus amoureux que jamais. Oui les ingrédients étaient presque toujours les mêmes, et pourtant, ils la faisaient rêver à une grande histoire. Avec Edward, rien de romantique n’avait lancé leur vie de couple. Ils faisaient tous les deux parties de la haute société anglaise, leurs parents avaient arrangé le mariage, point. Elle l’avait aimé, il était doux, c’était un père parfait, mais ce n’était pas l’amour avec un grand A. C’était un amour raisonné. Même si elle avait voulu étouffer ce sentiment, son cœur avait toujours appartenu à un autre, à un garçon qui resterait un enfant toute sa vie. Elle s’était résignée à autre chose, à vivre sans lui et elle avait réussi quelques années à ne pas penser à cet amour impossible. Puis le changement de monde avait changé la donne. Elle était arrivée ici, à Fantasia, avec la possibilité de tout redémarrer. Et même si elle aimait ses enfants, elle ne voulait plus d’une vie étriquée, dictée par la société. Elle voulait s’épanouir, agir comme bon lui semblait, retrouver son âme d’enfant. Smee le lui permettait quelque part, en l’empêchant de se confronter à la réalité, en la faisant vivre dans une bulle, en l’encourageant à lire des romans toute la journée et à lui raconter des histoires. Elle avait parfois l’impression d’être justement l’un des personnages principaux de ces livres qu’elle dévorait. Si elle se laissait aller, elle s’imaginait étant une héroïne séquestrée contre son gré, qui échange avec un homme à travers de petits papiers glissés sous la porte. Un homme dont elle tomberait follement amoureuse, qui la délivrerait et lui ferait découvrir la vie, la vraie. C’est à cela qu’elle songeait en attendant la réponse d’Harper. Elle et lui, lui et elle. Elle soupira, secouant la tête. Elle ne devait pas se laisser aller à ces songes d’adolescente. La réalité était différente, jamais elle ne sortirait d’ici, et même si elle se sentait si étrange en discutant avec Harper, jamais elle ne le rencontrerait et jamais il ne tomberait amoureux d’elle. Les rêves n’étaient que des rêves, rien d’autre, son père le lui avait toujours dit.

Pour se changer les idées, elle imagina plutôt les réactions de son correspondant à la lecture de ses mots. Ils se connaissaient plutôt bien maintenant, à leur manière, et elle était persuadée qu’il ressentirait une bouffée de tristesse en la lisant. Il avait certainement de la peine pour cette jeune femme enfermée dans une pièce, qui passait ses journées à attendre un signe extérieur. La colère avait dû remplacer la tristesse, quand elle lui avait parlé de Smee. Chaque fois, il réagissait pareil, chaque fois il restait peu loquace sur le sujet mais elle sentait avec ses sous-entendus qu’il avait envie de détruire cet homme qui la retenait. Wendy tentait toujours de tempérer la situation, n’en disant que peu, le rassurant, l’apaisant. Elle n’aimait pas les conflits. Elle ne voulait pas de confrontation, cela empirerait la situation. À l’inverse, elle songea à son sourire quand il avait lu qu’elle était heureuse qu’il soit là. Il avait souri, forcément, car il l’appréciait, forcément, il ne serait pas là sinon.

Wendy vit enfin la réponse de son mystérieux ami glisser sous la porte et elle s’en empara, laissant ses pensées parasites s’éloigner pour se concentrer sur sa lecture, le cœur battant. « Oui c’était bien hier, mais ne t’en fais pas, ça m’a paru aussi une éternité. » La jeune femme se mordilla la lèvre et laissa s’épanouir un sourire encore plus franc que les précédents. Il avait une vie, une vraie vie bien remplie et pourtant, lui aussi avait trouvé le temps long. « Je suis désolé qu'il soit rentré comme ça. J'aimerai tellement pouvoir y faire quelque chose. ». Son cœur cogna un peu plus fort dans sa poitrine. Peut-être était-ce le moment de lui demander de l’aide ? Peut-être était-ce le moment de lui demander clairement de la sortir d’ici ? Jusqu’à maintenant, elle ne l’avait jamais fait, encore et toujours pour éviter tout conflit, pour ne compromettre personne, pour ne pas abandonner Smee. Mais quand elle lisait Harper, quand il lui écrivait ces mots, elle avait envie de croire à une vie normale à l’extérieur, à de vrais moments partagés avec lui, au bonheur. Les larmes lui montèrent aux yeux, tout était beaucoup trop complexe. Elle étouffa un sanglot qu’elle espéra assez silencieux pour qu’il ne l’entende pas derrière la porte, et poursuivit sa lecture. L’espoir était trop douloureux. « Moi ça va très bien. Je suis allé travailler hier, les enfants étaient en forme, on a bien rigolé. Le petit Parker avait envie de savoir comment se battre en duel. Alors j'ai pris deux bouts de bois et je lui ai montré comment faire. Tous les enfants ont bien rigolé. Après je leur ai raconté une histoire, une histoire d'aventure. C'était une belle journée. Enfin je leur ai appris aussi la table de 2, tu sais, c'était moins drôle mais c'est utile aussi. » Les combats en duel. Elle sourit à nouveau à travers ses larmes. Cela lui rappelait des souvenirs, des souvenirs d’un autre temps, d’un Pays Imaginaire où elle en avait vu des duels. Elle trouvait cela merveilleux qu’Harper sorte des sentiers battus et qu’il apprenne la vie aux enfants à travers les jeux. Elle imaginait parfaitement la scène, ses élèves devaient adorer l’avoir comme enseignant, ils devaient tellement s’amuser, et ils semblaient aussi apprendre les données essentielles comme le calcul. Quel maître parfait ! « Et puis je suis rentré, j'ai passé une soirée tranquille avec Poppy, tu sais je t'ai déjà parlé d'elle. Je te la présenterai quand tu sortiras d'ici, je suis sûr que vous vous entendrez très bien. ». Une pointe de jalousie serra sa poitrine et Wendy fronça les sourcils. Ce n’était pas quelqu’un de jaloux, et elle ne comprenait pas pourquoi elle ressentait ce sentiment. Elle se disait que c’était surement le fait d’être enfermée ici et de s’imaginer Harper passant du bon temps à l’extérieur avec une autre jeune femme. Chaque fois qu’il lui parlait de Clochette, elle ressentait cela et chaque fois elle s’en voulait de telles pensées. Ils étaient amis, simplement amis, et il était tout à fait normal qu’il voie d’autres personnes. Elle devait se concentrer sur ce qu’il avait dit « quand tu sortiras d’ici ». Ces mots lui brulaient les yeux, elle les fixait depuis déjà quelques secondes, le souffle coupé. Il était donc réellement persuadé qu’elle sortirait ? À nouveau cette envie d’appel à l’aide s’empara d’elle.

La jeune femme soupira et s’empara d’un stylo pour rédiger sa réponse et faire cesser ses états d’âmes qui la dépassait. « Les enfants sont tellement exceptionnels, ils nous apportent tellement de richesse ! Quand je leur racontais des histoires à la bibliothèque, j’adorais en parler avec eux après ! Parker a dû adorer ton petit cours, et les autres aussi. Ils ont de la chance de t’avoir ! Tu leur apprends tout ce qu’il faut ! Rien de mieux que les duels pour découvrir la vie… Mes frères adoraient ça aussi, avec leurs petites épées en bois. ». Elle rit en pensant à se souvenir de Michel et Jean se battant sur les lits, avant de revenir à l’instant présent. Elle hésitait quant à la suite. Que devait-elle écrire ? Devait-elle céder à son envie et lui demander de la sortir d’ici ? Elle ferma les yeux un long moment, se battant avec ses pensées. C’était une véritable torture, un dilemme. Elle finit par céder à son impulsion et nota énergiquement « Tu penses vraiment que je vais sortir d’ici un jour ? Tu penses que… Tu pourrais m’aider ? ». Avant de changer d’avis, elle glissa le papier sous la porte et se recroquevilla sur elle-même, serrant ses genoux sur sa poitrine. Harper devait se demander pourquoi elle avait été si longue et il le saurait en la lisant, il comprendrait. Elle redoutait la réponse, elle redoutait les conséquences de ses actes mais pour la première fois depuis longtemps, elle avait fait preuve de courage, comme une vraie héroïne de roman.
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MessageSujet: Re: (wenper) laissez parler les petits papiers   Jeu 20 Juil - 16:56

Moïra & Harper


Laissez parler les petits papiers

Il avait toujours été très friand des histoires. Toute sa vie il avait cherché à en entendre plus et plus encore. Il voyageait la nuit dans le ciel de Londres pour écouter aux fenêtres des enfants et entendre les histoires les plus fabuleuses. Il les ramenait avec lui au Pays Imaginaire et il les racontait à nouveau aux Garçons Perdus. Il aimait ça, il se sentait toujours mieux après une histoire, plus léger, plus joyeux. Il aimait les gens qui savaient les raconter et il aimait les raconter également. C’était une des choses qui l’avait rendu le plus heureux quand il était arrivé dans ce nouveau monde, peut-être même la première chose qui lui avait arraché un vrai intérêt, apprendre à lire et découvrir qu’il y avait un lot interminable d’histoires qu’il ne connaissait pas encore et qui pourraient bercer sa vie pendant de nombreuses années. Bien sûr ce qu’il aimait le plus dans les  histoires, c’était la possibilité de les vivre. Il n’était jamais plus heureux qu’au beau milieu d’une aventure. Quand il était encore au Pays Imaginaire, quand il était encore ce petit garçon intrépide et malicieux, il vivait dans une histoire et tous les jours il semblait en écrire un nouveau chapitre. Il était alors si heureux quand, lors de ses virées nocturnes, il entendait au détour d’une fenêtre quelqu’un raconter ses propres aventures. Etre le héros, celui dont on raconte les exploits, celui qui rentre dans l’imagination de tous et qui s’y implante, celui qui fait rêver, c’était un sentiment qu’il avait toujours aimé. Il y avait eu d’ailleurs une personne qui avait été capable mieux que quiconque de raconter son histoire. Wendy. La jeune fille qui semblait connaitre chacune de ses aventures mieux que lui-même. Il mentirait surement s’il n’avouait pas que c’était ce qui lui avait plu chez elle dès la première fois qu’il avait entendu sa voix. C’était cela qui l’avait poussé à l’emmener au Pays Imaginaire avec l’envie d’écouter à jamais ses  histoires. Mais les histoires qu’il aimait, celles qui le passionnaient, étaient le plus souvent des histoires d’aventures. Des bagarres, des duels, des sauvetages de Princesse. Il aimait ce sentiment de venir à la rescousse du monde et de s’en sortir en une pirouette. C’était ce qu’il avait toujours vécu au Pays Imaginaire, c’était son quotidien et c’était pour cela qu’on le connaissait. Il était ce garçon un peu casse-cou et prêt à tout pour sauver une situation impossible. Il était toujours prêt à voler au secours de tous ses amis, prêt à rendre la justice qui lui importait et jamais, oh non jamais, il n’aurait abandonné l’un de siens. L’aventure était son moteur, ce qui le motivait au quotidien, ce qu’il comprenait le mieux. Il avait du mal à voir d’autres aspects dans les histoires qu’il découvrait. Il avait du mal par exemple à voir le côté romantique des situations, peut-être parce qu’il n’y comprenait encore pas grand-chose. Bien sur le prince et la princesse finissaient ensemble à la fin de l’histoire, c’était normal, c’était l’achèvement de l’histoire, mais il lui semblait toujours beaucoup plus intéressant de s’attarder sur ce qui pouvait bien se passer avant. Parfois il se disait qu’il ne comprenait pas tout ça parce qu’il n’avait pas eu l’occasion de le vivre. Il n’avait pas eu de fin heureuse entouré de sa princesse. Son histoire s’était achevée brutalement alors qu’il était tout seul. Alors parfois il se demandait si un jour il rencontrerait une princesse et si ce jour-là, il comprendrait ce que tous les héros avant lui avaient pu éprouver.

Quand il était assis en face de cette porte à attendre une réponse de Moïra, comme en ce moment, il lui arrivait d’imaginer qu’elle pourrait être cette princesse. Que si il arrivait à la sauver, si il arrivait à la sortir de là, ils pourraient tous les deux être « heureux pour toujours ». Il n’avait pas l’impression que cette expression était aussi merveilleuse qu’elle y paraissait. Bien sûr elle terminait nombreuses histoires, mais elle lui semblait assez floue. Pouvait-on vraiment être heureux pour toujours ? Pouvait-on être heureux dans ce monde sans magie ? Encore une fois, tout cela lui semblait bien étranger et une part de lui trépignait à l’idée d’un jour en savoir plus. Et en même temps, il se sentait heureux quand il se trouvait derrière cette porte, quand il passait un moment avec Moïra, quand il lisait ses mots, quand il lui écrivait en retour. Il sentait en lui le désir d’avoir plus que ça. De pouvoir la prendre dans ses bras, de pouvoir serrer sa main ou plonger son regard dans le sien. Mais jamais elle n’avait évoqué l’envie de sortir. La savoir retenue prisonnière le rendait fou de rage mais elle n’avait jamais écrit la moindre phrase qui aurait pu lui indiquer qu’elle s’attendait à ce qu’il l’aide à fuir. Si il en avait lu ne serait-ce qu’une infime trace, il aurait été capable de défoncer la porte en une seconde pour la rendre heureuse. Mais elle n’avait jamais rien dit. Alors il avait respecté sa décision. Fulminant de l’autre côté de la porte et maudissant ce Smee de malheur qui les tenait séparés.

Le temps lui paraissait long depuis qu’il avait glissé son papier sous cette porte. Avait-il dit quelque chose qui l’avait ennuyée ? Il se mordit la langue doucement en réfléchissant à ce que cela pouvait bien être. Il avait cru entendre des petits bruits de l’autre côté de la porte, mais il était incapable de savoir si il s’agissait de rire, de pleur ou de soupir. Et de toute façon, il ne pouvait deviner ce qu’elle était en train de faire. Il maudit cette porte, il maudit tout ce qui se plaçait entre eux, commençant à gratter avec humeur une tâche qui trainait sur son pantalon. Et puis enfin, il aperçut le petit bout de papier ressortir de sous la porte. Il se jeta dessus à la vitesse de l’éclair et l’ouvrit avec une pointe d’appréhension. Il s’étonna de sa longueur, l’attente avait été si longue qu’il s’était attendu à ce qu’elle lui ait écrit des pages entières. « Les enfants sont tellement exceptionnels, ils nous apportent tellement de richesse ! Quand je leur racontais des histoires à la bibliothèque, j’adorais en parler avec eux après ! Parker a dû adorer ton petit cours, et les autres aussi. Ils ont de la chance de t’avoir ! Tu leur apprends tout ce qu’il faut ! Rien de mieux que les duels pour découvrir la vie… Mes frères adoraient ça aussi, avec leurs petites épées en bois. » Il sourit, remplit de fierté. Il ne savait pas si les enfants avaient de la chance de l’avoir, mais il était heureux de penser qu’elle puisse l’imaginer ainsi. Un instant il envisagea de lui montrer sa classe quand elle sortirait, pour qu’elle puisse leurs raconter des histoires elle aussi, qu’ils puissent avoir la chance de l’écouter. Il était sûr qu’elle était une formidable conteuse, il le voyait à sa manière d’écrire. Mais bien sûr pour cela, il fallait déjà qu’elle sorte. Soupirant, il se remit donc à sa lecture, s’apercevant seulement maintenant qu’il ne lui restait plus qu’une phrase. « Tu penses vraiment que je vais sortir d’ici un jour ? Tu penses que… Tu pourrais m’aider ? » Pensant avoir mal compris, il la relu une nouvelle fois et une autre encore. Elle ne lui avait jamais rien demandé, elle n’avait jamais exprimé la moindre envie de sortir. Lui demandait-elle réellement aujourd’hui de l’aider à le faire ?

Après plusieurs lectures il finit par être sûr que ses yeux ne lui jouaient pas des tours. Un instant il se retrouva déboussolé. Il ressentit une forte dose d’excitation monter en lui, comme le gout de l’aventure qui aurait pris possession de son corps. Il ne savait plus quoi dire, plus quoi faire, alors il se contenta de souffler un instant en respirant et en reprenant ses esprits. Attrapant son stylo il écrivit plus vite et mal que jamais. « Moïra je pensais que tu ne voulais pas sortir. Je croyais que pour une raison étrange tu te plaisais à rester enfermée dans cette chambre avec ce monstre. C’est pour ça que je ne t’ai jamais rien dit mais bien sûr que je pense que tu vas sortir un jour. Je n’attends que ça, je … » Il s’arrêta et relut les quelques phrases qu’il avait déjà couché sur le papier. Il aurait voulu trouver des formulations plus agréables pour dire tout ça, mais il était bien trop pressé pour réfléchir d’avantage. Alors il reprit et termina. « Si il faut défoncer cette porter pour te sortir de là je le ferais dans la seconde tu sais. Ça ne me fait pas peur, si quelqu’un doit te sauver ça doit être moi, tu sais je suis sûr que je peux le faire si … si c’est ce que tu veux ! » Il regarda un instant la porte qui les séparait. Oh oui il avait déjà affronté bien pire et une misérable porte ne pouvait pas l’effrayer. Elle n’avait qu’un mot à dire et il chercherait la meilleure des façons de faire tomber cette maudite barrière.  Ne tenant plus en place, il plia grossièrement le papier et le glissa à nouveau sous la porte, se demandant si c’était là la dernière fois qu’il lui écrivait ainsi, un grand sourire se dessinant alors sur son visage enfantin.
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