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 do you ever get homesick ♆ TERENBELL III

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R. Tinkerbell Dodderidge

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MessageSujet: do you ever get homesick ♆ TERENBELL III   Ven 16 Mar - 16:14



do you ever get homesick
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L’équilibre est fragile, pour Rhiannon. Elle erre dans ses spirales, se perd dans ses dédales nocturnes, à la recherche de la fée insouciante qu’elle a été autrefois. Elle a tout de suite aimé Fantasia, être une femme, pouvoir ressentir tout ça, mener tous ces combats, mais aujourd’hui tout lui semble vain. Tout cela devait être un nouveau départ, une nouvelle vie pour Peter et pour elle, récupérer un peu de la magie éteinte, des échardes plantées dans leur amitié. Il y a eu ce tremblement de terre, sa cheville foulée et son cœur brisé en mille morceaux, il y a eu Peter et le retour de Wendy. Depuis, la nuit. Elle ne sait pas trop ce qu’elle a déclenché, en révélant l’identité de son ami à la britannique, si elle a amorcé leur chute à tous en pensant qu’ils étaient déjà foutus, ou si ils sont d’autant plus condamnés. Tout ce qu’elle sait, Rhiannon, c’est qu’elle a besoin de respirer. Se débarrasser de cette noirceur latente, de ce qui la ronge depuis des semaines.

Son pied n’est pas tout à fait guéri, mais elle a besoin de sortir de sa torpeur, faire vibrer à nouveaux ses muscles ankylosés. Ses patins à la main, la fée claque la porte de sa chambre sur un Peter encore endormi ; un samedi matin, portrait normal d’une scène de l’ordinaire où rien n’a plus sa place. Surtout pas elle.

Elle ne sait pas où elle puise le courage de l’appeler, pourquoi elle a pensé à lui. Peut-être parce qu’elle a descendu les escaliers trop vite et qu’une légère douleur s’est fait ressentir dans sa cheville ; Terence se rappelle doucement à elle. C’est lui qui est venu la chercher, qui l’a sortie des décombres et lui a administré les premiers secours en attendant de la transporter à l’hôpital. Avec les bleus et les plaies ouvertes, elle s’est fait plus de peur que de mal. Terence et ses doigts délicats contre sa peau bleuie et son sang pulsant un peu trop vite ; adrénaline qui se propage, montagnes russes gratuites.

La fée est contente de revoir son gardien pourtant. C’est un peu gauche quand ils se disent bonjour, quand elle marmonne des remerciements pour sa venue. Elle aurait imaginé qu’avec son métier, il aurait dû travailler mais elle l’a quand même risqué. Ils échangent quelques banalités gênées, sur son pied, sur la météo, sur la position des étoiles. Le cœur n’y est pas, c’est encore trop étrange mais Rhiannon sourit et c’est pour de vrai. Ca la frappe lorsqu’elle se réfugie dans les vestiaires et qu’elle se change méticuleusement, elle enfile son justaucorps noir et se dit que quand même, putain, elle est contente d’être là.

La glace est presque vide, il est encore trop tôt, dans l’après-midi les gens emmèneront leurs enfants et tout deviendra apocalyptique. Rhiannon préfère patiner le matin, quand elle est seule, quand personne ne la regarde et qu’elle peut laisser libre cours à toutes ses frustrations, ses joies, ses colères, ses rages. Les patins crissent au rythme de tous les mots qu’elle ne peut jamais dire. Terence n’est pas encore entré au sein de la patinoire quand elle arrive, il s’agrippe à la rambarde comme si la glace était radioactive. « C’est ta première fois ? » demande Tink, comme si la réponse n’était pas marquée au fer blanc sur le visage du pauvre gardien de la poudre de fée, qui tient à peine sur ses patins aiguisés. Elle songe soudainement que Peter non plus n’a jamais patiné, ce n’est pas faute de lui proposer ; il a toujours préféré travailler sur ses plans de retour à Neverland que de l’accompagner.

En un pas, elle est sur la glace et tout s’efface ; Wendy, les reproches de Peter, l’injustice et les regrets, Pixie Hollow qui s’éloigne et ses ailes perdues. Battements de cœur réguliers, yeux fermés et elle s’élance, se retourne et glisse, jambes droites et cheveux au vent. La glace crisse sous les lames, et Tink tourne, tourne, tourne et tourne encore et bloque la vitesse avec son pied droit au moment où elle croise le regard de Terence, sur le bord de la patinoire. Elle sourit, glisse –vole presque ! – dans sa direction. Elle s’arrête contre la bannière, prend sa main dans la sienne, comme si de rien n’était, comme si le contact ne lui faisait pas l’effet d’un électrochoc, de millions de souvenirs revenant l’habiter en une fraction de seconde. « Allez, lance-toi. Je te promets, tu vas aimer. Parfois, c’est comme si tu pouvais voler. » Elle sait que c’est l’argument qui fera mouche. Rhi garde le souvenir brûlant des chutes répétées de Terence, des genoux et des coudes éraflés par le sol de sa chambre, à trop essayer de sauter, de voler, à échouer. Ça lui semble encore si vrai qu’elle a l’impression de tomber avec lui. C’est plutôt sa chance de s’envoler avec elle.


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Dernière édition par R. Tinkerbell Dodderidge le Mar 15 Mai - 16:39, édité 1 fois
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Terence J. Sawyer

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MessageSujet: Re: do you ever get homesick ♆ TERENBELL III   Dim 22 Avr - 16:08


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Le coup de téléphone le réveille, et c'est une voix encore enrouée de sommeil qui répond à l'invitation hésitante de Tinkerbell. Il n'hésite pas quand il répond qu'il viendra, lui, il répond même un peu trop vite, tout à fait réveillé dès qu'il a reconnu sa voix. Ils ne se sont plus revus depuis qu'il l'a menée à l'hôpital après le tremblement de terre. Plus de peur que de mal, mais beaucoup de peur quand même. Il savait déjà que ce monde était plus dangereux que l'ancien ; son métier lui en fait voir certaines des facettes les moins féériques. Pourtant, naïvement, il n'a jamais pensé que Tink serait exposée à ses dangers directs. Il a misé sur une quelconque incompatibilité, peut-être ; ils ne sont pas de ce monde-là, alors ils ne risquent rien, n'est-ce pas ? Hélas, leurs origines imaginaires ne répondent à aucune loi ni physique ni biologique ; ils sont logés à la même enseigne que les humains normaux et ça, il ne l'a vraiment réalisé que ce jour-là, quand il a vu pour la première fois la couleur de son sang à elle et qu'il a vu les traits délicats de son visage se crisper à cause de la douleur.
Il a pris soin d'elle, alors, il ne s'est même pas demandé pourquoi et de toute façon, il n'a besoin d'aucune raison pour ça. Ca lui a fait un pincement au coeur de lui dire au-revoir un peu plus tard, même s'il la savait en sécurité, entre de bonnes mains. Prends soin de toi, repose-toi bien. Il aurait voulu rester mais elle devait dormir et rester tranquille. Il a pris des nouvelles un peu plus tard mais avec elle il n'aime pas trop discuter par sms, alors l'échange a été court. Et puis il a été excessivement occupé depuis le tremblement de terre, lui. Le cabinet où il travaille a été sursolicité, il n'a pu prendre de journée de repos que deux jours plus tôt, quand sa patronne lui a dit de prendre quelques congés parce que l'effervescence se calmait enfin et que lui, il tenait plus debout. Il a dormi toute la journée hier, alors, et toute la nuit, jusqu'au coup de téléphone.

Le temps de prendre une douche, d'enfiler un jean et un tee-shirt sous sa veste en cuir, et il se juche sur sa moto pour rejoindre Tink... à la patinoire. Téméraire, Terence, trop téméraire. On verra bien, il s'est dit. Ca ne doit pas être si compliqué, il s'est dit. Grossière erreur.
Quand il arrive, elle l'attend à l'entrée, il la reconnait de loin et c'est avec un sourire sur les lèvres qu'il s'approche, même s'il ne sait pas trop quoi dire une fois qu'il l'a rejointe. Les retrouvailles sont maladroites mais elles font du bien quand même, elle lui a manqué et il est content de la voir. Ils échangent quelques mots, pour ne rien dire du tout, combler les silences de ce qu'ils ne sont pas encore prêts à se dire. Il s'inquiète un peu, parce qu'il n'est pas sûr que la patinoire aide beaucoup sa cheville à se réparer comme il faut, mais il hausse les épaules et échappe même un léger éclat de rire quand il ajoute que de toute façon il sait très bien qu'elle n'en fera qu'à sa tête.

Elle a déjà ses patins ; lui, il doit louer les siens, et ouvre de grands yeux quand il voit la taille des lames sur lesquelles il est supposé glisser. Ca va pas être triste... Il en a vite la confirmation lorsqu'il sort du vestiaire en boitant comme un canard. Il tient à peine debout alors qu'il n'est même pas encore sur la glace. Pourquoi est-ce que Tink lui a donné rendez-vous ici ? Elle vient souvent ? Elle se débrouille forcément mille fois mieux que lui, il va se ridiculiser. C'est cette pensée qui le pousse à mettre un pied sur la glace, bien agrippé au bord. A peine bascule-t-il son poids sur la surface immaculée que son patin part en avant et qu'il manque se ramasser ; son coeur a failli sortir de sa poitrine et il sent le rouge qui lui grignote les joues ; heureusement que c'est presque désert. Agrippé de toutes ses forces à la rambarde, il pose son deuxième pied sur la glace et se hisse péniblement de quelques décimètres sur le côté pour s'éloigner de l'entrée. Sauver les apparences.

Quand Tink revient, de sa démarche parfaitement naturelle malgré les patins, il essaie de lui sourire mais dérape au même moment et abandonne l'idée de paraître assuré, reportant son attention sur le fait de rester debout. Il porte tout son poids sur ses mains, stables contre la rambarde, osant à peine bouger les pieds. « C’est ta première fois ? » Il grimace, forçant un peu le trait pour la plaisanterie. « Je peux rien te cacher, hein ? » rigole-t-il doucement, avant de la regarder s'élancer comme s'il n'existait aucune chance pour que la pesanteur la rattrape.

Il en a presque le souffle coupé, à la regarder glisser, agile, aérienne presque. Ca a l'air si facile, comme si la Glace l'avait apprivoisée ; ou qu'elle avait apprivoisé la Glace, il n'est pas trop sûr de comment ça fonctionne dans ce monde-là. Ce qu'il apprend voudrait lui faire croire que la Glace n'existe pas vraiment, que c'est juste e l'hydrogène gelées, une histoire de particules, de molécules, d'adhérence et de résistance, parce que c'est comme ça qu'est le monde des humains. Mais quand il la regarde il ne peut plus faire semblant de croire que leur monde à eux n'existe pas, quelque part, parce que Tinkerbell a l'air d'en avoir apporté un morceau avec elle. Quand il la regarde patiner, il voit presque ses fines ailes retrouver leur place dans son dos. Ce n'est pas physique, ce n'est pas logique. C'est magique.

Il est hypnotisé, un drôle de sentiment s'est mis à tout retourner dans son ventre. C'est comme s'il la voyait pour la première fois depuis des années, et il est si perturbé qu'il ne pense même pas à réagir quand il la voit s'approcher, ne réintégrant son corps que lorsqu'elle arrive à son niveau. Elle a un sourire sur les lèvres, elle a l'air plus heureuse, plus légère ; elle va si vite quand elle glisse ici, elle a sûrement semé tous les poids du monde à l'entrée de la glace.
Sa main fine se referme sur la sienne, toujours ancrée à la rambarde, qu'il lâche pour accueillir son étreinte ; c'est à ce moment seulement qu'il réalise qu'il repose bel et bien sur ses pieds et qu'il a oublié d'avoir peur de ce sur quoi il se tient. Dès qu'il le réalise à nouveau, il s'accroche à sa main, les lèvres pincées ; beaucoup moins téméraire, d'un seul coup.
« Allez, lance-toi. Je te promets, tu vas aimer. Parfois, c’est comme si tu pouvais voler. »
Il la croit. Il l'a vue. Oui mais. « Je sais pas toi, mais j'ai pris de sacrées gamelles avant de savoir voler. » grimace-t-il, sans oser lâcher ni sa main ni le rebord. Il paraît que pour certaines fées, c'est naturel de voler. Pour lui ça ne l'était pas, mais il a appris, et il n'a plus pu s'en passer après. S'il existe une toute petite chance pour qu'il retrouve ce sentiment, il veut bien se casser la figure autant qu'il le faudra. De toute façon, elle ne le laissera pas tomber, n'est-ce pas ? Il demande en silence, fouillant dans ses grands yeux pétillants. Il n'est pas trop sûr de ce qu'il y trouve, Terence ; mais ça, et sa main dans la sienne, et d'un seul coup, il ne doute plus de rien. Les lèvres pincées, il hoche la tête, fronce les sourcils pour se concentrer.

Suivant à la lettre les instructions de son amie, il s'applique ; le poids à l'avant des patins pour ne pas perdre l'équilibre, ne surtout pas marcher comme si c'était un sol normal - pas ce sol bizarre, pas palpable. Il faut s'élancer, un pied après l'autre, s'aider de ses bras pour garder l'équilibre. Il s'aide de son bras gauche et de la main de Tink, surtout, qu'il n'ose pas serrer trop fort mais qu'il refuse de lâcher. « Ca avait l'air beaucoup plus facile quand je te regardais. » se plaint-il, en persévérant pourtant. Tink l'entraîne, elle accélère un peu, le force à suivre ; il essaie, y arrive sans trop savoir comment. L'air commence à siffler autour d'eux quand ils prennent de la vitesse ; progressivement il se redresse, regarde devant lui plutôt que de fixer ses pieds, et alors il ouvre de grands yeux, parce que ça y est, il patine. Une profonde inspiration remplit ses poumons d'un air frais qui lui semble purificateur ; comme s'il respirait pour la première fois depuis des siècles. Un immense sourire vient barrer ses lèvres sans même qu'il s'en rende compte, et lorsqu'il croise le regard de Tink, qu'il avise son petit sourire en coin, c'est presque comme s'il était rentré chez lui. Chez eux.

Doucement, il relâche progressivement sa main, curieux ; est-ce qu'il y arrivera tout seul ? Il essaie, un pied puis l'autre, en regardant au loin ; ça marche, alors il continue, un peu plus vite ; Tink est toujours là, juste à côté, il la voit quand il tourne un peu la tête, alors il lui jette un regard plein de défi, un grand sourire de gosse aux lèvres. Ca y est, il gère, il peut la suivre. Ils accélèrent, il est un peu derrière mais il est toujours là, de temps en temps il la voit tourner la tête pour vérifier qu'elle ne l'a pas perdu, et ça le fait rire, les petits coups d'oeil qu'elle lui jette. « Toujours là ! » Il lance, et il donne une poussée de plus pour essayer de la rattraper. Sauf que quelque chose se passe mal ; il ne sait pas quoi, pas pourquoi, son équilibre s'est fait la mal et un cri de surprise lui échappe quand il a l'impression que le sol se dérobe sous ses pieds ; il bat des bras dans tous les sens pour se maintenir debout, vascille à gauche, à droite, fait des demis-tours dans les deux sens sans savoir par quel miracle il est encore sur ses patins « Tiiiink ! » il appelle, sentant que dans sa course désordonnée trop rapide, il se rapproche dangereusement du bord « AAAAAaaaaaaaahhhhh-ARGH! » Téméraire, Terence, trop téméraire. Quand il ouvre les yeux, il a l'impression de voir des étoiles et des petits oiseaux qui dansent un tango. Hébété, il les suis tous du regard jusqu'à ce que le visage de Tinkerbell se penchant au-dessus de lui chasse tout ce beau monde. Il sourit, un peu hagard. « Je gère parfaitement la situation. C'était pour te montrer la danse du poulpe épileptique. Tu connaissais pas hein ? »

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MessageSujet: Re: do you ever get homesick ♆ TERENBELL III   Mer 16 Mai - 14:06




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Terence a l’air dubitatif. Pas craintif, mais prudent. Il a le sang-froid de celui qui recoud des plaies tous les jours ; Tinkerbell sait qu’il est habitué à se préoccuper des autres, se savoir en danger, lui, doit être une nouveauté. « Je sais pas toi, mais j'ai pris de sacrées gamelles avant de savoir voler. » Elle sourit doucement, patiente. Voler, pour elle, ça a été instantané. Un coup de foudre, facile, comme respirer. Heureusement, d’ailleurs, peut-être qu’elle se serait découragée sinon. Elle se souvient de sa déception, de son profond sentiment d’inadéquation lorsqu’elle n’a pas reçu les dons de l’eau, de la nature, de l’air, aucun des dons féeriques auquel elle s’était attendue. Elle n’était ni gracieuse ni douce, et c’était pourtant la vision qu’elle avait des fées en venant au monde. Si ses ailes n’avaient pas su la porter tout de suite, aurait-elle seulement trouvé le courage de tirer le meilleur de sa situation et de créer un nouveau moule plutôt que de s’écarteler pour se fondre dans l’ancien ?

Mais il a du cœur Terence, et du courage, et il s’élance avec elle quand bien même il ne comprend pas encore tous les mécanismes. Elle ne dit rien mais elle sait que ça demande de la confiance ; elle a eu peur que ce soit perdu pour toujours. Le contact de la peau du gardien contre la sienne est comme une petite victoire, ténue mais coriace. Comme elle. « Ca avait l'air beaucoup plus facile quand je te regardais. » Alors elle explique, elle murmure, elle fronce les sourcils en observant les gestes de son ami, passe une main dans son dos pour l’aider à trouver l’équilibre, va de conseil en conseil et finalement, devant la détermination de Terence, c’est la glace qui se laisse apprivoiser. Ils accélèrent, ensemble, prennent le risque. Leurs doigts sont si fermement entremêlés que si Terence venait à tomber, il entraînerait Tink avec lui. Le plus beau, c’est qu’elle s’en fout. Elle réalise qu’elle tombera s’il le faut.

Mais déjà, Terence la lâche pour prendre son envol tout seul. Elle le regretterait presque mais quand elle le voit s’élancer c’est la fierté qui l’emporte. Il a l’air beau comme ça, c’est comme s’il avait retrouvé un peu de lui-même, quelque chose de perdu depuis longtemps. Elle comprend ; elle se souvient de sa première fois sur des patins, de la profonde envie de pleurer qui l’a saisie parce que ça lui a trop fait penser à la maison. Un souvenir complètement pur, intime, qui leur appartient. Pendant quelques secondes d’infini, la béatitude totale, une douce osmose, sentiment rassurant qui lui envahit la cage thoracique. Rien ne compte. Puis la chute. « Tiiiink ! » Elle s’élance pour le rattraper mais elle part une seconde trop tard et Terence s’est déjà vautré sur le sol. Son sang ne fait qu’un tour ; sa première gamelle, elle s’est frappée la tête contre le rebord et a dû passer la nuit en observation pour commotion cérébrale. Elle allait mille fois trop vite, évidemment.

Il sourit, pourtant, pas de blessure apparente. Rhiannon laisse échapper un souffle. « Je gère parfaitement la situation. C'était pour te montrer la danse du poulpe épileptique. Tu connaissais pas hein ? » Elle part dans un grand rire, soulagée et presque surprise d’avoir eu si peur pour lui. Déjà à Pixie Hollow elle n’avait aucun scrupule à l’emmener dans ses aventures. Peut-être qu’elle avait plus confiance, alors, qu’il était moins cassé, moins abîmé. Qu’elle se sentait moins coupable, aussi, moins responsable de lui. Elle reconnaît l’instinct de protection qui tape contre son crâne tandis qu’elle l’aide à se relever, en prenant appui contre le bord. Un grand sourire illumine le visage du gardien ; ça fait mal, mais il a l’air d’aimer. Ca la rassure aussi, de pouvoir partager ça avec lui. Qu’il soit dans cette nouvelle aventure avec elle. Comme avant. « T’en fais pas, on ne devient pas patineur artistique du premier coup. Mais c’est génial, hein ? L’espace de quelques secondes, plus rien ne compte. Il n’y a rien de comparable. » Enfin si, bien sûr. Mais ça leur est désormais interdit. Soudain, Rhiannon se demande si Terence est toujours déterminé à rentrer à Pixie Hollow. Toutes ces années n’ont jamais entaché la persévérance de Peter, elle ne serait pas surprise d’entendre que le gardien de la poudre de fées ne s’est toujours pas acclimaté à ce monde sans ailes et sans magie. Est-ce que ça lui manque autant qu’à lui ? Peut-être, mais elle a eu la chance de trouver qui elle est sans les ailes. Elle n’est pas certaine qu’il en ait fait autant.

Une fois relevés, la fée l’entraîne vers le banc, en dehors de la glace. « On peut faire une pause, ma cheville commence à tirer et le médecin m’a dit de ne pas trop forcer. » Plutôt clin d’œil que vérité ; ce n’est pas son pied qui fait mal, c’est la distance qu’elle ressent soudain, la bulle a éclaté et elle se retrouve de nouveau confrontés à la différence fondamentale qui les oppose. « Je voulais te demander. Je suis la seule que tu aies retrouvée, dans ce monde ? Personne d’autre de Pixie Hollow ? » Tentative douloureuse de renouer avec ce qu’ils partagent depuis de nombreuses années, tentative de les placer du même côté. Ceux d’ici, qui sont peut-être arrivés en guerre mais qui ont peut-être une chance de continuer ensemble. S’ils sont deux naufragés de Pixie Hollow, autant se raccrocher l’un à l’autre, quand bien même cela fait bien longtemps que Neverland a remplacé la vallée des fées dans ce que Tinkerbell appelle un foyer.


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MessageSujet: Re: do you ever get homesick ♆ TERENBELL III   

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