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 Sometimes believing is all that it takes || Terenbell II

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les alliés de pixie
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Terence J. Sawyer

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MessageSujet: Sometimes believing is all that it takes || Terenbell II   Sam 16 Déc - 18:37

Il ne se débat pas ; ça n’a jamais été vraiment son genre. Il raye, il peste ; mais il ne gesticule pas dans tous les sens pour qu’on le lâche. De toute façon, même dans son état, il sait qu’il ne sera pas plus fort que les menottes qui sont serrées sur ses poignets. Le carrelage irrégulier du couloir dans lequel on le traîne sans ménagement lui est douloureusement familier ; la tête baissée, il regarde les lignes se courber et se mélanger sous ses yeux vitreux. Titubant, il se repose en partie sur la poigne solide qui le tient par le bras, comptant en tout cas sur l’agent de police pour le faire marcher droit. D’ailleurs, il est quasiment sûr de l’avoir déjà vu, cet homme. Ca aussi c’est plutôt mauvais signe, dans l’absolu. Le grincement de la porte de la cellule de dégrisement le fait grogner ; ça résonne dans son crâne et ça lui file mal à la tête. Il appréhende déjà le moment où il va revenir à lui et où il va mourir de honte. Parfois, il aimerait bien être un peu moins lucide ; même si ça ne l’aiderait pas, ce serait plus facile, tout ça. Il n’y avait rien d’amusant dans le fait de se regarder sombrer inéluctablement, en étant tout à fait conscient de tout ce qu’on était en train de gâcher comme le dernier des cons. Il ne l’a pas toujours été, pourtant. Il a bien été heureux, un jour. Juste, pas dans ce monde-là.

Terence va s’asseoir au fond de la cellule, là où la lumière des néons ne risquera pas de lui griller les rétines. C’est assez arrivé pour qu’il sache très bien à quoi s’en tenir ; et maintenant qu’il a sauté, encore, sans parachute, c’est avec un petit air contrit qu’il s’arrange mollement pour atterrir au milieu d’un lac ; couleur au milieu de l’eau, c’est mieux que de s’éclater par terre comme un débile, non ? Amortir la chute. Il s’acharne à croire que ça a encore de l’importance, même s’il a tourné le dos depuis longtemps à tous ceux qui pourraient le lui prouver.

« Eh, Sawyer. » la voix le prend par surprise ; il était en train de s’endormir. Exaspéré, il se redresse péniblement, fronce les sourcils pour apercevoir celui qui l’a interpellé depuis l’autre côté des barreaux. Il reconnaît vaguement le flic de garde, qui ne prend même plus la peine d’être moralisateur. Ni désagréable, d’ailleurs. « C’est le blabla habituel. Je suppose qu’il y a personne que tu veux que j’appelle ? » Un vague sourire triste étire les lèvres de l’infirmier. Même lui, il sait qu’il n’a personne pour venir le chercher dans ce trou. Même le flic. Il est seul à ce point, alors, il a vraiment tout perdu ? Ca fait deux ans qu’il se bat autant avec le monde qu’avec lui-même, et dans la bataille, il a fait fuir tout le monde. Même « Rhiannon Dodderidge. » Le policier est interloqué ; lui, il se demande où est-ce qu’il a bien pu finir par apprendre son vrai nom. Son super nom d’humaine. Ca l’étonne d’avoir un souvenir si net de leur dernière conversation. A croire qu’elle est marquée au fer rouge dans son esprit. « Tu connais son numéro ? » Terence rigole, et il n’a même pas besoin de répondre, au final. Comme s’il allait avoir son numéro de téléphone ; elle n’a pas pris le temps de le lui laisser avant de se tirer avec Peter, encore. L’agent de police s’éloigne en maugréant ; de toute évidence, il appréhende déjà de devoir appeler cette fille, espérant de tout coeur que son saoulard préféré ne l’envoie pas déranger une pauvre demoiselle qui n’a aucune envie d’être réveillée au milieu de la nuit pour venir chercher un parfait inconnu en cellule de dégrisement. De toute façon, c’est pas comme si elle risquait de venir, même si l’autre trouve son numéro dans sa base de données. Grommelant entre ses dents, il se rallonge sur son banc et se tourne vers le mur. Il va bien finir par s’endormir.
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R. Tinkerbell Dodderidge

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MessageSujet: Re: Sometimes believing is all that it takes || Terenbell II   Lun 18 Déc - 17:31



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Rhiannon ne sait pas si elle a bien fait de prendre le volant. Encore groggy, ensommeillée, elle a titubé hors de son lit après le coup de téléphone. Elle a entendu Peter grogner dans son sommeil, mais d’une manière ou d’une autre, elle ne se surprend plus à vouloir le ménager par tous les moyens possibles. L’a-t-il seulement une fois fait pour elle ? Elle ne prend pas le temps de maquiller les cernes noirs sous ses yeux, autant de fantômes et de ronces qui brisent et meurtrissent son épiderme. Elle est rentrée tard, encore une fois, a à peine deux heures de sommeil dans le système quand elle se glisse dans le siège conducteur de sa voiture ; manque de s’éclater contre le gravier. Deux ans plus tard, elle n’est toujours pas habituée au relief de la terre, à ce que la nuit déguise maladroitement derrière sa cape sombre. Il y a un sentiment d’urgence, quelque chose qu’elle ne peut pas trop s’expliquer. Pourquoi elle file au plus noir de la nuit vers un homme qu’elle a perdu depuis longtemps ?

Elle n’a pas reconnu la voix de l’officier qui l’a appelée. Etrange, a-t-elle songé. Elle doit pourtant connaître la grande majorité des flics du coin, mais elle sait que Judy l’aurait appelée elle-même. En voyant le numéro du commissariat elle a tenté de se rappeler plus précisément de sa soirée de la veille, mais rien de répréhensible ne lui était venu à l’esprit. Quand il a prononcé le nom maudit, elle est restée silencieuse, interdite. Pourquoi diable Terence l’avait-il réclamé ? Encore trop bourré, elle imagine. Elle sait que ça n’en vaut pas la peine, mais elle continue à rouler, pourtant. Sans pouvoir s’en empêcher, cheveux qui se mêlent au vent, l’engin de la Chevrolet qui ronronne comme un félin apprivoisé. Elle en est fière de sa caisse, Rhi. Elle l’a rafistolé elle-même, l’a trouvé dans une casse et en aurait presque maudit le propriétaire qui se débarrasserait d’une Chevrolet Impala de 1967. Quand bien même le moteur est mort et les ailes défoncées, le démarreur rebelle et j’en passe et des meilleures. La fée s’est fait un plaisir de reprendre tout ça en main et d’exercer sa magie sur son nouveau challenge.

Elle n’a pas réfléchi une seule seconde à ce qu’elle va lui dire lorsqu’elle se retrouvera devant lui, alors elle fait rugir l’engin pour ne pas y penser, ne pas se laisser le temps de se poser trop de questions, pas l’occasion de faire demi-tour, de fuir à nouveau, la queue entre les jambes. Rhiannon arrive, c’est un flic qu’elle connait qui l’accueille avec un petit sourire en coin. « Ça fait plaisir de te voir ici pour autre chose qu’une déposition, dis-moi. » Elle lui rend son sourire, mutine. L’habitude de démarrer des bagarres dans les bars et de balancer trop vite son poing dans la figure des emmerdeurs, c’est pas bien méchant, si ?

Il l’escorte jusqu’à la cellule de dégrisement ; la porte fait un peu de bruit en s’ouvrant, c’est ça qui la réveille brusquement. Elle se force à regarder la forme sombre qui se détache du mur, ne pas détourner les yeux. C’est lui qui l’a demandée. Ce n’est pas à elle de trembler. « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » elle demande, polie, un peu distante, tandis que l’officier s’en va, leur demande de les retrouver à l’accueil quand il voit que Terence ne bouge pas. Sa voix est presque étranglée, rauque et râpeuse des heures de silence et du manque de sommeil. C’est complètement surréaliste, cette situation. Elle soupire, se rapproche. Pourquoi est-ce que c’est encore elle qui insiste. Deux ans depuis leur dernière conversation, pourquoi est-ce que c’est si dur ?

Rhiannon s’assoit devant la cellule, dos au mur, pour être à la hauteur de son ancien ami, pas décidé à vraiment bouger. « Tu m’as fait venir te chercher au commissariat à quatre heures du matin alors qu’on ne s’est pas adressé un mot depuis deux ans. La moindre des choses, ce serait de me dire pourquoi. » elle lance, presque dans un murmure. Le lisse de son ton la surprend, elle est douce, sans reproches. Trop fatiguée, trop lasse. Trop éveillée sur ses propres tords, aussi, peut-être. Trop seule.


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MessageSujet: Re: Sometimes believing is all that it takes || Terenbell II   Lun 18 Déc - 19:31

Terence ne dort pas vraiment mais il n'est pas réveillé non-plus. Il fait trop froid pour qu'il puisse s'endormir mais il est beaucoup trop fatigué ; l'alcool l'assomme, il a la tête lourde. Ses pensées sont brumeuses et de drôles de rêves complètement tordus lui ravissent l'esprit sans parvenir tout à fait à lui faire quitter la triste réalité qu'il a précisément essayé de fuir. Ca a marché un moment ; quelques minutes, une heure peut-être. Mais elle finit toujours par le rattraper, inéluctablement. A chaque fois ça fait mal pareil, mais il s'acharne, déterminé à casser tout ce qu'il peut avant d'être définitivement trop fatigué. C'est pas comme si quoi que ce soit avait le moindre sens dans ce monde-là de toute façon ; personne n'a de rôle fixe, plus rien n'est bien et plus rien n'est mal. Il y a bien quelques trucs qui sont interdits mais parfois c'est tellement absurde qu'il se demande d'où elles sortent, leurs lois. Ses lois ; il vit ici maintenant après tout, il ne peut plus vraiment faire comme si ça ne le regardait pas. Il n'est plus vraiment d'ailleurs mais il se sent toujours étranger. Ce n'est pas comme ça que ça va finir par s'arrêter mais il a la tête un peu trop enfoncée dans le sol pour s'en apercevoir.

La grille grince derrière lui et il sursaute violemment en sortant de son demi-coma. Le mouvement brusque lui donne l'impression que son cerveau se balade dans sa boîte crânienne et il grogne entre ses dents pour ne pas gémir, portant une main encore trop hasardeuse à son front pour engourdir la douleur. Il se retourne tant bien que mal vers la cellule à laquelle il tourne le dos et écarquille les yeux en découvrant la personne qui l'a rejoint derrière les barreaux. Barreaux ouverts, d'ailleurs. Il est abasourdi ; presque éberlué. « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » Il cligne des yeux, plusieurs fois. « Je dois être encore en train de rêver. » il marmonne, plus pour lui-même que pour répondre. C'est pas possible, c'est pas possible qu'elle soit venue, elle en a plus rien à foutre, depuis longtemps, bien plus que deux ans. Pourquoi elle serait là, hein ? Ca n'a aucun sens, c'est pas possible, il rêve c'est tout ; alors il la fixe, de ses grands yeux vitreux et fatigués. Il est tellement las d'être malheureux.
Tinkerbell va s'asseoir pas très loin, contre le mur ; lui, il n'a pas bougé, il la suit du regard sans rien dire. Elle a l'air drôlement réelle ; en tout cas elle ressemble vachement à la vraie, de ce qu'il peut en juger sous la lumière artificielle du néon grésillant. La même silhouette, les mêmes cheveux ; il la connaît par coeur, ça lui fait quasiment mal de se rendre compte d'à quel point il se la rappelle bien. « Tu m’as fait venir te chercher au commissariat à quatre heures du matin alors qu’on ne s’est pas adressé un mot depuis deux ans. La moindre des choses, ce serait de me dire pourquoi. »

Ca par contre, ça ça ne lui ressemble pas et quand bien même il aurait voulu ne pas le remarquer, ça le frappe un peu trop fort : il ne se la serait jamais rappelée comme ça, parce que ça n'a jamais été elle, ce détachement, ce ton... sans ton. Cette douceur un peu trop lisse, un peu trop facile. Ou alors peut-être que ça lui ressemble à elle, mais à eux ça fait longtemps que ça ne leur ressemble plus. « J'en sais rien. » Son ton à lui est douloureux ; il se rappelle à peine l'avoir demandée, mais l'idée lui semble moins farfelue qu'elle ne le devrait. Tout ça, ça a encore trop de sens pour ne pas faire mal, et de ça aussi il en est las, quelque part. Il aimerait bien, enfin, sortir de cette spirale infernale, au moins de celle dans laquelle ils se sont entraînés il y a deux ans, mais quelque chose lui souffle que ce n'est pas en étant dans un état pareil qu'il va beaucoup faire avancer les choses.

La raison exacte pour laquelle il a donné son nom à elle lui échappe ; tout ce qu'il sait, c'est que ça ne sort pas tout à fait de nulle-part non plus. Cette pensée lui fait fermer les yeux, briser le lien visuel ; il a brusquement honte, ça lui laisse un sale goût dans la bouche. Il laisse tomber sa tête et appuie l'arrière de son crâne contre le mur. « Je sais pas pourquoi, j'ai pas pensé que... enfin, je suppose que j'ai pensé à rien. » comme d'habitude. Il a envie de se mettre à pleurer mais il se retient très fort ; tout ça est assez pathétique comme ça. « Je crois que j'étais convaincu que tu ne viendrais pas. » il articule, douloureusement, avant de redresser lentement la tête pour la regarder à nouveau. Et ça le prend d'un coup, il réalise à retardement qu'elle est vraiment là, assise à même pas deux mètres. Pour lui, même si ni lui ni elle ne savent vraiment comment ça se fait. Il ne sait pas trop quel effet ça lui fait de la savoir ici mais il comprend trop vite que ça ne va pas durer longtemps, quoi qu'il en soit. Que si ça n'a aucun sens cette fois ça ne se reproduira sûrement pas. Elle va repartir, encore. Et pour le coup, il peine vraiment à ne pas se mettre à pleurer. « Tu me manques tu sais. »
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MessageSujet: Re: Sometimes believing is all that it takes || Terenbell II   Mar 26 Déc - 14:36



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Rhiannon ne sait pas si c’est l’alcool, qui fait traîner les secondes dans l’esprit de Terence, mais chacune d’elle lui griffe la peau. L’attente, ça fait longtemps qu’elle ne la supporte plus. Elle préfère être résignée, ça fait un peu moins mal que l’entre deux. « J'en sais rien » il finit par répondre, et elle est à deux doigts de se lever pour partir. C’est pas satisfaisant, c’est pas assez bien. Elle a besoin de réponses. Pas seulement de pourquoi elle est là, assise devant sa cellule à quatre heures du matin. Mais pourquoi elle est là, près de lui, tout court. Pourquoi il la garde. Pourquoi il l’a encore fait venir alors que tout ce qu’il trouve à lui répondre c’est « J’en sais rien ». Il a jamais su de toute façon. Les mystères et les silences c’est amusant quelques temps, et après ça vous engloutit dans les ténèbres, sourd, muet et aveugle, profondément impuissant. Rhi déteste cette sensation, d’être prisonnière au fond d’un puits, d’attendre qu’on vienne la chercher. Avant, elle n’aurait jamais attendu qu’on vienne la sauver.

Pourtant elle ne bouge pas. Elle laisse les aiguilles de la déception la pénétrer doucement. Il ne la regarde même plus. Est-ce que ça ne fait pas déjà une éternité qu’il a arrêté de la regarder ? « Je sais pas pourquoi, j'ai pas pensé que... enfin, je suppose que j'ai pensé à rien. » Il n’a pas pensé aux conséquences, à ce que ça impliquerait de la voir débarquer. Est-ce qu’il se paye sa tête, à la réclamer juste pour lui dire ça ? Si c’est juste pour s’assurer qu’elle rapplique quand il l’appelle, c’est assez insultant. Elle sait, au fond, que ça ne peut pas être aussi simple que ça. Terence n’est pas quelqu’un de cruel. D’ordinaire. Elle l’a connu lorsqu’il n’avait pas une seule cellule malveillante. Ça lui perforerait le cœur de se dire qu’il la manipule à ce point, et encore après tant de temps. Vient un moment où la seule chose qu’il soit encore possible de faire, c’est de se foutre la paix et de se laisser guérir. « Je crois que j'étais convaincu que tu ne viendrais pas. » Rhiannon fronce les sourcils, se soustrait à son regard. Alors pourquoi ? Et pourquoi ne serait-elle pas venue ? Pense-t-il si mal d’elle qu’il s’imagine qu’elle ne viendrait pas s’il avait réellement besoin ? Ce qu’ils ont est peut-être cabossé, décimé, calciné, raturé, déchiré, et autres rimes en é, mais c’est pas du vent, pas quelque chose qui disparait en s’évaporant. « Tu me manques tu sais. » Ça, ça la prend par surprise. Pendant un moment elle se demande même si elle a bien entendu.

Soudainement, le coup de fil ne lui parait plus tellement comme une insulte. Elle imagine une bouteille à la mer lancée dans sa direction, une terminaison nerveuse tendue vers elle, à vif, silencieuse et douloureuse. Elle pourrait dire « tu me manques aussi », elle ne serait pas loin de la vérité. Elle serait peut-être ou peut-être pas en plein cœur de la vérité, d’ailleurs. Mais pour une raison obscure ça ne sort pas, c’est plus compliqué que ça. « Il faut attendre que tu sois complètement bourré et derrière les barreaux d’une cellule pour l’entendre, alors ? » Elle se trouve injuste. Mais son ton n’est pas sec, pas râpeux. Presque comme si elle avait effectivement attendu dans le noir. Elle pourrait rendre les choses simples, faciles. Tinkerbell n’a jamais été facile, et les yeux sont plus tendres que le cœur.

Pourtant elle s’étrangle un peu, elle triture ses mains pour ne pas laisser voir que ça lui triture l’estomac. Elle aimerait être plus douce, moins piquante. Plus chaton que hérisson. Elle a envie d’oublier qui elle est, comment elle en est arrivée là. Oublier les années de silence et de bile qui remonte aux lèvres, d’amertume et de souffrance muselées. Un instant elle pense à sa douleur à lui, aux secondes qui ont précédé le coup de fil. Au nom qu’il a dû donner, et à combien ça a dû lui arracher la gueule de l’appeler comme ça. Rhiannon. Même Peter ne le fait pas. Ce serait accepter la victoire du présent sur le passé. C’est ça qui lui donne la force de reprendre la parole, de relever les yeux vers lui.  « Bien sûr que je suis venue. Je n’aurais pas pu ne pas venir. » Au final, peut-être que ces années dans le noir n’ont pas eu tout à fait raison d’eux et de leur poudre de fée. C’est comme ça.


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MessageSujet: Re: Sometimes believing is all that it takes || Terenbell II   Mer 3 Jan - 16:34

Ca lui a échappé, c'est parti d'un coup, trop vite, trop vrai aussi. Depuis combien de temps a-t-il cessé d'être honnête avec elle, au fond ? Peut-il prétendre l'avoir été une seule fois depuis le jour où il a compris la vérité et qu'il la lui a cachée ? C'était pas un vrai mensonge, c'était juste pour se protéger, pour les protéger tous les deux. C'est bien trop drôle, quand on voit où ils en sont aujourd'hui. Il a vachement bien réussi à les préserver, dis donc, c'est exceptionnel. Ils se sont déchirés jusqu'au point de non retour et maintenant il est surpris de la voir tendre la main vers lui quand il appelle au secours. Et maintenant ça le soulage autant que ça lui fait mal quand il libère ces quelques fragments de vérité qu'il a gardés au fond de lui pendant beaucoup trop longtemps. Est-ce que ça a seulement encore un peu de sens ? Peut-être qu'il aurait préféré croire que non, mais il est trop fatigué pour se mentir encore. Il est heureux qu'elle soit là, auprès de lui, malgré tout. Il n'aurait jamais cru que ça compterait encore assez pour qu'elle vienne le chercher. Après tout, elle ne l'avait pas fait, l'autre fois. Et lui non-plus, la fois d'avant. A croire qu'ils avaient un don pour ne pas se dire ce qu'ils avaient besoin d'entendre. « Il faut attendre que tu sois complètement bourré et derrière les barreaux d’une cellule pour l’entendre, alors ? » Il ne sourit pas, il se dit que ça lui ferait sûrement un peu peur. C'est pas le moment de rire, c'est pas drôle ce qu'elle lui dit, au contraire. Mais ça l'amuse quand même un petit peu qu'elle lui dise ça parce que ça ressemble quand même vachement à la vérité. S'il avait été sobre, lui, il ne l'aurait pas demandée. S'ils avaient essayé de discuter, il aurait fait comme elle, au lieu de lui dire ce qu'il pensait il lui aurait fait des reproches sur ce qu'elle ne lui disait pas, ce qu'elle n'avait pas fait et ne faisait toujours pas. Et le drame aurait à nouveau eu lieu, ils se seraient encore fait plus de mal, se seraient perdus un peu plus, comme si c'était possible que ce soit pire.

Enfin, se dit-il, ça aurait bel et bien pu être pire. Elle aurait pu ne pas venir. Peut-être que ça voulait dire qu'ils n'avaient pas encore définitivement tout gâché.

« Bien sûr que je suis venue. Je n’aurais pas pu ne pas venir. » Comment c'est possible, il se demande, vaguement, en fixant son visage comme s'il allait pouvoir y déceler la réponse à sa question. Comment c'est possible qu'il ait oublié qu'elle serait là pour lui si jamais il en avait vraiment besoin. Il s'apprête à le lui dire mais il se dit qu'elle le sait déjà, que ça ne les aidera pas. Qu'ils ont tous les deux conscience d'à quel point les dégâts sont importants et que ce n'est pas la peine de le dire à voix haute. Ce n'est pas ça qu'il a envie de lui dire, et surtout ce n'est pas ça qu'il aurait envie d'entendre, s'il avait traversé la ville à quatre heures du matin pour venir la chercher sans même savoir pourquoi. « Je l'ai pas dit plus tôt parce que je pensais que tu t'en fichais. » il articule, tant bien que mal ; et puis il grimace en songeant que ce n'est pas beaucoup mieux que ce qu'il s'est empêché de dire à peine quelques secondes plus tôt. « Après l'autre fois, je, je savais plus » il bredouille et ça l'exaspère. Pourquoi faut-il qu'il soit dans cet état ? Il n'arrive pas à s'exprimer, il a tellement peur de dire des bêtises, de lui faire peur, de la faire fuir. Il se déteste d'être dans un état pareil mais, elle l'a dit elle-même, s'il n'en avait pas été là, elle ne serait pas là non-plus. « Tu n'as rien dit, toi non-plus » Ce n'est pas un reproche, ça n'en a pas le ton, plutôt celui du regret. « Merci » Il ajoute, dans un souffle, parce qu'il se rappelle d'un seul coup que s'il y a une chose qu'il veut dire, c'est celle-là. Tout ce temps, il n'a attendu qu'elle et en même temps, il a fui en avant. Comme d'habitude. A force d'attendre quelque chose qu'il ne laissait pas arriver, il a fini par arrêter d'y croire. C'est tout. « Est-ce que tu vas repartir ? » il demande, un peu brusquement, comme rattrapé par une angoisse. Comme si c'était un peu trop beau pour qu'il y croie, cette fois encore.
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