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 Don't disturb, I'm ruminating ft. J. Matthew Hook

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Judy
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J. Adelaide-Casey Hopps

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MessageSujet: Don't disturb, I'm ruminating ft. J. Matthew Hook   Dim 17 Sep - 19:36

Don't disturb, I'm ruminating (flashback)
— with J. Matthew Hook

L’un des premiers lieux qu’on m’avait indiqués depuis mon arrivée dans ce manoir et dans cette nouvelle vie, c’était ma chambre. Enfin, c’était bien plus qu’une chambre, c’était bien plus que ce que je n’avais jamais eu à l’académie de police de Zootopie ou encore que ce miteux appartement que j’avais appris à aimer dans cette capitale. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais droit à tout ça. J’avais beau être devenue lieutenant, j’aurais pu me contenter de beaucoup moins. Je n’avais pas des espérances démesurées. Quand je découvris donc cette suite, je fus immédiatement subjuguée : les couleurs étaient chaudes, les odeurs étaient enivrantes et je me sentais déjà envoûtée par cette suite extraordinaire. J’aurais aimé pouvoir partager mon impression avec Nick mais je n’avais même pas eu le temps de le chercher, si tant est qu’il ait, lui aussi, été envoyé dans cet univers complètement déconcertant. Ça ressemblait à Zootopia tout en étant diamétralement opposé. Je n’aurais su expliquer ce sentiment étrange au fond de moi. Vint le moment où je croisai un des nombreux miroirs de mes nouveaux quartiers. Un cri. Je me touchai le visage, les mains, encore et encore. Marcher sur deux pattes, ce n’était pas une nouveauté mais ce corps. Mes poils ? Où étaient mes poils ? Et mes longues… oreilles ? Ma queue ? Plus rien de tout cela. Dire que Nick aimait me charrier au sujet de ma petite queue de lapin. Et si j’étais passée à côté de lui sans m’en rendre compte ? S’il n’avait plus l’allure d’un renard ? Etrange… Je repensai à tous ces détails qui m’avaient semblé insignifiants jusque-là… Personne ne m’avait regardé de travers, moi, celle qui était pourtant un lapin. Était-ce une mauvaise blague ? Dans ce cas, ils avaient accompli beaucoup trop de choses, juste pour une blague.

Je n’aimais pas particulièrement les stratégies de repli en temps normal mais là, c’était bien la seule solution qui me venait à l’esprit. Je n’allais tout de même pas m’arracher les quelques « poils » que j’avais sur la tête, tout de même ! Le premier lit ferait l’affaire. On m’avait informé que cette suite était destinée à une colocation mais c’était le cadet de mes soucis pour le moment. A vrai dire, j’avais totalement oublié ce détail. Intriguée mais surtout paumée par tant de nouvelles choses à enregistrer, je me torturais, cherchant un sens à toutes ces mésaventures. En temps normal, j’aurais foncé pour saisir ces choses qui étaient encore trop floues mais pas cette fois. Sans parler du confort que ce lit et cette ambiance m’offraient, confort qui m’hypnotisait et facilitait la procrastination, moi qui ai toujours été trop active, incapable de dormir bien longtemps. Je ne suis pas un chat. J’ai besoin de bouger. Dormir, c’est presque irréel. Pour une fois, je priais pour que le sommeil me tombe dessus sans crier gare mais la vie a le don de vous frustrer en se moquant de vos attentes. Pas de carotte en vue… Rien pour me calmer. « Si seulement je pouvais me laisser berner par mes sens et m'imaginer à Zootopie, ce serait plus simple... » Je comprimais nerveusement l’un des oreillers, allongée en position fœtale. C’était le pire moment pour faire une rencontre. Je n’avais pas toute ma tête ou, du moins, elle était déjà méchamment occupée à autre chose autrement plus important.

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J. Matthew Hook

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MessageSujet: Re: Don't disturb, I'm ruminating ft. J. Matthew Hook   Dim 17 Sep - 21:44

« Monsieur, je peux vous aider ? » Son regard capta celui d’une jeune vendeuse, un sourire se voulant aimable collé au visage. La pauvre n’était pas tombée le bon jour, ou sur la bonne personne. Dans d’autres circonstances, Hook aurait pris un malin plaisir à la faire rougir avant de la mettre dans son lit. Mais nous n’étions pas un jour ordinaire. Cela faisait précisément dix-huit heures qu’il était arrivé à Fantasia Hill, et il était depuis d’une humeur massacrante. Quel était cet endroit… terne ? Et, bon dieu, que faisait-il ici, loin de son bateau et de son équipage ? Loin du Pays Imaginaire ? Même son apparence avait changé. Plus d’allure de dandy, plus de moustache et surtout…

Plus de crochet.

Qui était Capitaine Crochet sans son instrument ? Il avait baissé les yeux sur une main. Bien réelle, bien présente… Et totalement inutile. Morte. Il s’était alors empressé de courir chercher de quoi la couvrir, et il se retrouvait à faire les boutiques dans cette ville de fous. En face d’une vendeuse pseudo-aimable, mais qui finissait par l’agacer prodigieusement plus qu’autre chose. « J’vais me débrouiller. » Oh, on aurait pu faire plus aimable, ou même juste plus poli. Mais on parlait de James. Il n’avait jamais été aucun des deux, même dans ses bons jours. Après quelques minutes à ruminer dans sa barbe tout en cherchant du regard une paire de gants potable, il s’empressa d’en saisir une en cuir noir, sobre mais saillant. Sans même se poser de questions, il jeta un regard autour de lui avant des glisser dans sa veste, se sachant assez discret. Il n’était pas très familiarisé avec le concept d’anti-vol mais la chance étant avec lui, il passa la barrière de sécurité du magasin avec facilité, ne déclenchant aucun bip. Ce qui lui aurait d’ailleurs surement valu un arrêt cardiaque… Et probablement de gros problème un seul jour après son arrivée en ville.

Il était logé dans un manoir, apparemment entouré de personne vivant plus ou moins la même expérience… Hook n’avait pas la moindre idée de ce que cela pouvait bien vouloir dire mais on lui avait attribuer une suite avec un lit plus que confortable. Ce n’était pas son Jolly Roger, mais c’était tout de même respectable. La notion de colocation lui était un peu passé au-dessus, même s’il s’attendait à devoir partager sa chambre avec quelqu’un tôt ou tard. Il espérait le plus tard possible évidemment. Il n’était donc pas vraiment dans une bonne dynamique lorsqu’il pénétra dans sa chambre. Il rentra assez fortement, persuadé de ne pas déranger qui que ce soit. Bien que si cela devait être le cas, il n’en avait pas franchement quelque chose à faire non plus. Il ouvra sa veste, attrapant la paire de gant qu’il venait impunément de voler avant de la passer sur ses deux mains. Ainsi, il n’aurait pas à voir sa pauvre main désœuvrée, et peut-être qu’on ferait moins attention à ce membre inerte de son corps. Il avait été habitué à posséder une mobilité réduite de ce côté, cependant sans son crochet, il se sentait réellement comme handicapé. Et c’était véritablement, très désagréable. Un grognement de mécontentement s’échappa de sa gorge. « A quoi bon me remettre une main si c’est pour être encore plus emmerdant ? » Il n’avait pas vraiment pour habitude de converser avec lui-même, mais après tout, il n’avait jamais autant passé de temps hors de son bateau. Ni avec une main morte, ou si loin de son équipage… Bref, ce n’était qu’un problème parmi tant d’autres. Il se dirigea naturellement vers son lit, faisant fi de même seulement jeter un coup d’œil à la pièce. Ce n’est qu’en entendant quelqu’un marmonner qu’il se rendit compte de la présence d’un autre être vivant. Il releva alors le regard en direction du son. « Vous savez que c’est extrêmement malpoli de marmonner dans son coin ? » C’était dit avec désinvolture, lui-même pas du tout enclin à vraiment converser. Mais une fille était dans sa chambre, et au vu de son expression elle était aussi enchantée que lui de se trouver ici. Et puis, avoir l’occasion de pouvoir charrier une pauvre âme en perdition pourrait peut-être lui remonter le moral…
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MessageSujet: Re: Don't disturb, I'm ruminating ft. J. Matthew Hook   Dim 17 Sep - 22:57

Don't disturb, I'm ruminating (flashback)
— with J. Matthew Hook

Une porte qui retentit dans une violence inouïe. Des pas lourds et qui laissent envisager une personne énervée… Les lapins comme tous les animaux sont très sensibles aux sens et ressentent la colère et les sentiments primaires des humains. L’ennui, c’est que je n’avais plus ces dons puisque, aussi étrange que cela puisse paraître, je n’étais plus un membre animal de la famille des mammifères, j’étais un bipède rose et pas franchement plus solide que cette petite boule de poils que j’ai toujours été et que je suis finalement toujours au fin fond de mon cœur et de mon âme. Cela dit, même sans ce don, je devinais qu’il n’était pas d’une humeur joviale et prêt à m’accueillir les bras ouverts. C’était peut-être mieux ainsi, j’avais d’autres chats à fouetter. Je n’avais pas plus l’esprit à jouer les hôtes. D’ailleurs, je n’étais pas une hôtesse, non, j’étais, moi aussi, déconcertée par cet environnement. Si ce n’est que je ne parlais pas de choses aussi sinistres que mon… colocataire. En tout cas, c’était le meilleur qualificatif que je pouvais lui donner dans cet état avec un cerveau troublé comme si un plaisantin venait de jeter un galet, semant l’ordre déjà incertain dans de meilleures conditions. J’étais tellement sous pression que j’avais sursauté. On aurait pu soupçonner que je n’étais pas sereine et que je cachais quelque chose pour réagir de la sorte, mais c’était beaucoup plus complexe qu’il n’y paraissait. Cet intrus, non, ce colocataire, ajoutait un élément, un paramètre dans la résolution de ce problème pourtant déjà assez tordu. Je devais désormais axer mon attention sur un champ de vision beaucoup plus important. Est-ce que j’avais vraiment besoin de ça ? Pendant un millième de seconde, j’ai eu un flottement : il était aussi bougon que Nick… Mais pourquoi Nick ferait allusion à une main ? De cette manière en plus ? Sois plus sérieuse, Judy… Parce que j’éprouvais encore beaucoup de difficulté à m’associer à ce nouveau prénom en deux Adelaide-Casey.

Je l’entendis d’une oreille pourtant peu attentive à ce qui se passait autour de moi. J’avais beau y faire gaffe, mon attention est concentrée sur une situation particulièrement déroutante. Alors bon… « Évidemment que je sais que c’est malpoli. Je n’ai pas l’habitude de parler toute seule. Je ne suis pas folle, ni mal élevée. Je pensais être seule, c’est tout. » Je me tournais à peine dans sa direction, comme si le lit m’attirait. « Ce n’est pas plus courtois et encore moins chaleureux de claquer une porte. » Je prenais sur moi, du moins autant que me le permettait mon état. Désœuvrée comme je l’étais, c’était difficile de répondre aimablement quand on nous agressait de la sorte. Pourtant, j’affichai un sourire pour faire bonne figure et pour atténuer la tension, un peu au moins. « Je suis désolée… Mais essayez de comprendre… Quand on devient humain… C’est… déstabili… » Je fermai ma bouche, la main posée sur celle-ci, comprenant que je venais de raconter quelque chose qui pouvait être inimaginable pour quiconque n’était pas humain dans cette autre vie. « Disons que j’ai des difficultés à me faire à ce type de ville... » Essayons de rattraper les choses comme on le peut. « Je me présente, je m’appelle Judy, enfin, Adelaide-Casey. » Je me mordis nerveusement les doigts comme s’il s’agissait de carottes.

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MessageSujet: Re: Don't disturb, I'm ruminating ft. J. Matthew Hook   Hier à 6:51

On ne va pas se mentir, il n’était pas du genre très ouvert à la discussion au départ. Ce n’était pas quelqu’un de très loquace… Sauf lorsqu’il s’agissait de dévoiler un plan maléfique, ou de profiter de la défaite bien méritée d’un adversaire. Mais en général, et encore plus après avoir été envoyé dans un nouveau monde étrange, il n’était pas du tout du genre pipelette. Cependant, il avait tout de même entamé la conversation, donc quelque part, s’il se retrouvait à devoir parler à l’étrange forme enroulée sur le lit d’en face, il ne pouvait décidemment que s’en prendre à lui-même. Lui qui pensait surprendre son évidente nouvelle colocataire, il lui sembla qu’elle était aussi blasée qu’il pouvait l’être actuellement. Avec une main valide mais décidemment pas ravie de se retrouver ici, et sans scrupules de lui montrer. Peut-être avait-il mal juger les apparences de cette jeune fille après tout… « Mais c’est qu’on est de bonne humeur ! Ah, comment t’en vouloir ? Tu devrais d’ailleurs t’y habituer, j’ai pour habitude d’éviter le plus possible d’être courtois et chaleureux. » Un pirate chaleureux et courtois ? Voulait-elle qu’il lui chante des chansons pour l’endormir aussi ? Cette idée eut le mérite de le ramener à cette peste de Miss Darling et son idiot de Pan ! Ses préoccupations urgentes étaient loin de concerner des futiles enfants. Ah qu’il regrettait l’époque où sa vengeance et ses pillages étaient ses seuls problèmes… Il se contenta de s’asseoir plus ou moins lourdement sur son lit, étendant ses jambes en face de lui et reposant sa tête contre le montant. Ses yeux se fermèrent et il réprima une forte envie de soupirer. Qu’il aimerait se retrouver sur son navire, entouré de son équipage, retrouver son second et parcourir de nouveau la mer… Il ne s’attendait pas vraiment à ce que la jeune fille reprenne et s’excuse. Non, définitivement une âme en peine esseulée et perdue… Bien qu’il se sente plus ou moins dans la même situation et qu’il avait la monstrueuse habitude de se montrer larmoyant, il ne pouvait nier l’agacement à l’idée de voir quelqu’un faire de même. En revanche, il nota bien dans sa tête une information bien étonnante : quand on devient humain ? Il failli s’étrangler avant que la jeune femme ne se reprenne très vite. Parce qu’elle n’était pas humaine ? Quelle était cette étrange créature qui allait partager SES appartements ?

Evidemment, quand on devait tomber sur des êtres bizarres, c’était pour sa pomme.

Des difficultés à se faire à ce genre de ville hein ? Il était depuis trop longtemps sur un continent, il pouvait comprendre. Mais cette histoire d’être humain l’intriguait légèrement, et il sentait une corde sensible du côté de son interlocutrice. « Ah, les humains ont tendance à ne pas aimer le changement… N’est-ce pas ? » Il détestait ça pour sa part. Il voulait très très vite retrouver ses bonnes vieilles habitudes, son statut de capitaine et son CROCHET bon sang !

De toute évidence, cette jeune fille voulait rattraper leur début de conversation qui devait lui semblait légèrement chaotique pour une première approche. Judy donc… Enfin, Adelaide-Casey. Pouah, pas simple quand même ! « Si tu veux mon avis, t’y gagnes pas au change hein… » Qui portait ce genre de nom ? Un léger rire désabusé se forma dans sa gorge mais il ne put, ni ne voulut à vrai dire, le contrôler. C’était une moquerie gentille… Elle n’allait pas se vexer pour cela non ? « Cro… Moi c’est James, milady. » L’instinct l’aurait fait se présenter en tant que Capitaine Crochet, mais de quoi était-il capitaine aujourd’hui ? Et comment pourrait-il encore porter ce nom sans en avoir l’instrument au poignet ?
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