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 Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax

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Lilo
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Moana L. Miliani

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MessageSujet: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Ven 10 Mar - 22:30

je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre !
— with baymax toma suzuki

Pour une fois que j’étais restée à l’école de la première heure à la dernière, il fallait bien que je décompresse quelque part et, surtout, avec quelqu’un. Et pour ça, rien de mieux que Stitch. J’allais pouvoir lui raconter combien les professeurs étaient ennuyants, beaucoup plus que notre ancien professeur de danse dans notre véritable monde. Au moins, ici, je n’avais pas à me coltiner Mertle et ses petites pestes d’amies ou, devrais-je dire, ses espèces de petits moutons qu’elle avait réussi à dresser. En tout cas, je ne savais pas à quoi elles pouvaient ressembler, donc j’avais le sentiment d’être tranquille à ce niveau-là. Ce n’était pas plus mal comme ça. Si j’avais eu à supporter ces filles, j’aurais craqué et pour de bon. Les cours, c’était bien le seul point négatif à cette nouvelle aventure. Enfin, de toute manière, c’était la même chose dans mon autre vie, celle avec Nani, David et toute ma Ohana. Tout ça pour dire que j’avais fait un véritable effort, quelque chose de totalement inhumain si vous voulez mon avis. Peut-être même quelque chose d’héroïque ! J’étais persuadée qu’il réaliserait tout ce que ça représentait pour moi. C’était Stitch, après tout, mon âme sœur, celui qui m’avait écoutée depuis le début, même s’il avait fait quelques bêtises.

Vive comme l’éclair, j’étais repartie aussi vite de ma chambre que j’y étais entrée. J’avais à peine pris le temps de me changer parce que c’était vachement plus confortable de discuter avec lui en pyjama et que je me moquais bien de ce pourraient penser ceux qui me découvriraient dans cette tenue. Je connaissais le chemin jusqu’à sa chambre sur le bout des doigts. J’aurais bien pu y aller les yeux fermés, challenge que je me donnais quelques fois par pur plaisir. Pas cette fois, parce que même si j’étais excitée comme une puce, j’étais quand même toujours un peu de mauvaise humeur à cause de cette journée trop scolaire à mon goût. J’espérais pouvoir passer la soirée avec lui, tous les deux tranquillement installés dans sa chambre. Je savais déjà de quoi j’allais lui parler. J’entrai en trombe dans sa chambre, encore vide, me rappelant à l’instant où je posais les pieds sur le plancher de celle-ci, qu’il avait un ou une colocataire – il suffisait de voir le deuxième lit pour le comprendre – que je n’avais pas encore rencontré, le hasard faisant bien les choses. Je ne le savais pas mais j’avais du mal avec son colocataire. Installée confortablement sur son lit et même sous sa couette, je l’attendais de pied ferme. Quand la porte s’ouvrit, je l’accueillis comme il se doit. « STITCH ! »

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Baymax Toma Suzuki

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Sam 18 Mar - 1:52

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Depuis son arrivée au manoir, Toma avait souvent eu l’occasion de connaître le sentiment désagréable qu’était la solitude. Qu’on ne s’y méprenne pas, il n’était ni seul, ni mis de côté par les autres. Il avait, au contraire, l’occasion de rencontrer de nouveaux visages chaque jour, que ce soit grâce à son travail ou en arpentant les couloirs du bâtiment. Malheureusement, ce renouvellement quasi-constant des personnes qui l’entouraient ne faisait qu’accroître la sensation de vide qui le prenait parfois au cœur. Il voyait les autres interagir, se rappeler les choses qu’ils avaient vécues ensemble et, de son côté, il était incapable de mettre le doigt sur le moindre souvenir valable. Tout ce qu’il obtenait, quand il essayait, était une liste de composants, un protocole à suivre, des questions préenregistrées et, enfin, une série de visages auxquels il n’arrivait pas à véritablement associer un sentiment précis. Son passé était bien rempli et cruellement vide à la fois. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’était la vérité, et cette solitude particulière lui donnait souvent l’envie de chercher l’autre : la vraie solitude, celle qui lui permettait de reposer son esprit et ses sens humains, dont les réactions aux différents stimuli de son environnement, même s’il s’y trouvait baigné depuis un an, le fatiguaient profondément. Il n’était plus en mesure de gérer autant d’informations, et encore moins de ce type-là.

C’est en cherchant ce repos nécessaire que l’infirmier avait décidé de retourner à la chambre qu’il occupait en compagnie d’un collègue, au sein même du manoir. La journée avait été difficile, il était épuisé par ses heures de jour, tant il devait interagir avec les patients et les familles qui, hélas, n’étaient pas toujours commodes envers de simples infirmiers. Ils réclamaient ceci, ils souhaitaient cela. Pensaient-ils vraiment que garder les fenêtres fermées était une bonne idée ? Ces réactions humaines, ces demandes incohérentes, Baymax ne les comprenait pas. Ce n’étaient que des exigences qui pouvaient mettre en danger la santé des patients et, lorsqu’il voyait un médecin accepter, il se retenait d’exprimer son mécontentement à haute voix, puis essayait de résoudre le problème. Enfin, il rentrait au manoir, épuisé, avec au cœur la promesse d’un peu de repos dans sa chambre. Un repos bien mérité, cela allait sans dire. C’est du moins ce qu’il pensait au moment d’ouvrir la porte, juste avant qu’une voix féminine ne lui déchire les tympans. Un soupir fendit l’air avec autant de force quand l’ancien robot posa les yeux sur l’intruse.

— Tu n’as rien à faire dans cette chambre.

Souhaitait-on à ce point l’empêcher de trouver le repos ? Il se dirigea vers son lit et y déposa le sac à dos qu’il emmenait avec lui pour aller travailler, jetant un regard en direction de la jeune femme qui se trouvait sur le lit voisin alors qu’il laissait glisser sa veste le long de ses bras.

— Allez, sors d’ici maintenant.

Dans le fond, il ignorait jusqu’aux raisons qui le poussaient à agir de la sorte envers cette fille. Elle était sans doute trop différente de ce qu’il était, lui. Il n’y avait pas d’autre explication.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Mar 4 Avr - 19:39

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Mince… Cette voix, je la connaissais ! C’était ce fameux garçon avec qui j’éprouvais énormément de difficulté. Il semblait insensible, comme un robot. C’était vraiment particulier. Je n’avais encore jamais ressenti ça avec qui que ce soit. D’habitude, les autres me bouffaient complètement, sans retenue avec toutes les émotions qui les submergeaient, mais lui, non, rien, je ne sentais absolument rien. Disons qu’il en ressentait, mais je n’arrivais pas à comprendre sa façon d’agir et sa façon de se comporter. C’était à cause de ça qu’il me mettait continuellement mal à l’aise. Je ne savais jamais trop comment réagir face à lui et dès le départ, il se montrait froid, sec. Oui, la meilleure analogie que je pouvais me faire à son sujet, c’était celle du robot. A se demander s’il n’en était pas un dans une ancienne vie. J’étais certaine que quoi que je lui dise ou fasse, il me le reprocherait ou m’enverrait chier. Comme à l’instant. Je dérangeais certainement monsieur. Je haussai les épaules en guise de première réponse. J’attendais Stitch, j’avais le droit d’entrer dans sa chambre et tant pis si c’était son colocataire. Si je voulais voir mon petit frère – parce que oui, c’est mon PETIT frère – et s’il m’avait donné son accord, je n’allais pas m’en aller. Même si… Je risquais d’avoir beaucoup de mal à rester longtemps dans cette pièce avec lui. « C’est la chambre de Stitch, donc, accessoirement, c’est ma chambre. On partage tout, lui et moi. C’est mon petit frère, je veille sur lui, c’est normal que je sois là, tu comprends ? » Je restais d’ailleurs sous la couette du lit de mon extraterrestre préféré, sortant tout juste ma tête de celle-ci. Pas question de lui faire le plaisir de l’écouter, surtout que mon âme-sœur n’allait pas tarder à arriver. Je le savais, il revenait toujours à la même heure environ.

Je le toisais, cherchant à nouveau une petite, une infime information sur son visage mais rien. C’était un véritable mystère sur pieds pour moi. J’aimais bien les énigmes mais celle-là, elle était… désagréable. Nos échanges étaient toujours lourds à cause de ce détail. « Si tu as des réclamations, tu les feras directement au bienfaiteur. J’y peux rien s’il t’a mis dans la même chambre que Stitch. Hors de question que je m’en aille, je dois lui dire quelque chose d’important. » Je lui tirai finalement la langue. « Tu sais, t’es aussi pénible que Nani avant. Tu pourrais pas faire un effort pour être un peu plus agréable ? Je fais des efforts, moi ! » Enfin, des efforts relatifs. Disons que le simple fait de ne pas le cerner m’énervait, alors, forcément, il ne fallait pas trop m’en demander. Être empathique, on s’y habitue malgré toutes les contraintes. C’était déstabilisant dès qu’on ne pouvait pas traduire le non-verbal de l’autre.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Jeu 6 Avr - 1:16

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Aussi étrange que cela puisse paraître, le comportement de Stitch n’avait jamais dérangé l’ancien robot. Il possédait une énergie particulière qui détonait étrangement avec le calme dont il faisait preuve lui-même, une énergie qui, par moment, le tirait vers le haut et lui donnait envie de s’approcher davantage du monde dans lequel il se retrouvait baigné. Ce n’était pas fréquent, il lui fallait généralement beaucoup de courage pour oser s’approcher des autres et leur parler, en dehors du cadre de son travail qui le demandait quotidiennement, et tout bien réfléchi, son comportement tenait plus du mimétisme que de la véritable interaction. Au travail, il lui arrivait de répéter exactement les mêmes mots qu’un autre, d’essayer, tant bien que mal, de devenir plus humain qu’il ne l’était devenu par la force des choses.

Hélas, dans certaines situations, Baymax regrettait amèrement d’être devenu humain. La découverte de la sœur de Sid dans sa chambre, par exemple, lui donnait l’envie folle de hurler, une envie qui lui faisait battre les tempes et lui crispait les muscles. C’était de ce genre de sentiments désagréables qu’il aurait pu se passer. Il n’était pas certain de pouvoir contrôler, tant il était puissant. Que se passerait-il s’il le relâchait ? S’il n’essayait pas, comme à chaque fois, de réprimer ce qu’il ressentait, sans savoir si c’était normal, permis, humain ? Il préférait paraître sec et distant. C’était, de toute façon, la chose qu’il avait faite pendant longtemps, sans même en avoir idée. Un soupir lui échappa encore. Repenser à ces heures où il n’était qu’un robot sans âme ne serait jamais moins étrange.

— En l’occurrence, c’est aussi ma chambre, et je voudrais faire une sieste.


Et son regard de se poser sur la jeune femme qui ne semblait pas prête de déguerpir. Qu’était-il venu chercher dans cette chambre ? Plus de problèmes ou un peu de répit ? La seconde option lui échappait sans cesse. Ce n’était pourtant pas le besoin qui manquait.

— Je n’irai pas faire de réclamation au bienfaiteur parce que tu vas partir. Tu reviendras plus tard, quand il sera là et que j’aurai pu me reposer.

S’il essayait généralement de ne pas utiliser un ton trop morne lorsqu’il parlait aux autres habituellement, il n’hésitait pas à se montrer sec envers cette fille-là. Elle se permettait trop de choses, l’empêchait de profiter du minimum d’espace vital qu’il demandait et, de surcroît, elle insistait. C’était inadmissible. N’était-il pas logique de partir lorsqu’on le demandait ? Était-ce difficile ? Un tel entêtement le dépassait. Et la jeune femme d’ajouter qu’elle faisait des efforts. Toma l’observa durant quelques secondes.

— Désolé de te décevoir, mais je n’en vois pas beaucoup, des efforts.

La fatigue prenait doucement le dessus sur le reste et l’empêchait de se concentrer sur les efforts qu’il faisait pour se maîtriser. Que dirait Sid s’il apprenait qu’il avait haussé le ton envers sa sœur ? Que ferait-il ? Son incapacité à se mettre à la place des autres était un véritable problème dans ce genre de situation ; un problème qui le poussait à l’immobilité. On lui demandait de comprendre des sentiments qu’il n’avait jamais ressentis, mais il en était incapable. La famille, les amis, les frères et sœurs qu’on attendait avec impatience… Non. Il y était totalement étranger. Il n’avait pas cette chance.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Mar 2 Mai - 19:36

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En plus d’être particulièrement sec et froid, il était désagréable à souhait. C’était à se demander s’il connaissait l’option sourire ou s’il avait jamais eu un guide de relations humaines un jour. A mon humble avis, ce n’était pas le cas. Je ne comprenais décidément pas ce que pouvait lui trouver Stitch. Au départ, je ne le détestais pas, loin de là, seulement, avec le temps et son comportement de plus en plus étrange et austère, je ne pouvais plus le voir en peinture. Alors, forcément, apprendre que Stitch vivait avec lui, en colocation, ça me foutait en rage. C’est moi qui devrais dormir avec mon « petit » frère, pas cette espèce d’énergumène tout juste capable de sortir des phrases de sa bouche. Donc, non, si ça ne se remarquait toujours pas, je ne le supportais pas. C’était plus fort que moi. C’était dérangeant jusque dans tout mon corps, quelque chose que je ne parvenais pas à cerner, quelque chose de très dérangeant, à la limite de l’urticant. J’avais pourtant essayé de faire des efforts mais en vain. Sans parler du fait qu’il avait l’art de me parler de haut, comme s’il ne voyait en moi qu’une gamine. Pire que Nani, c’est dire… « Tu sais que tu peux le dire gentiment, sinon. » Bon, c’est certain, je n’avais pas mieux réagi mais tout ça n’est que détails, non ? C’était lui qui était froissant depuis le début. Pas moi. Pas ma faute. Et j’allais bien l’expliquer à Stitch quand je ferai mon rapport.

« Je te signale que puisque ce n’est pas uniquement ta chambre, tant que Stitch me donne l’autorisation de squatter son lit, tu n’as rien à dire. En plus, c’est pas comme si je pouvais parler avec quelqu’un comme toi, alors, si tu te soucies du bruit que je pourrais faire, ne t’en fais pas, je ne parle pas encore toute seule. » Traduction ? J’ai décidé de rester et de squatter encore un moment, t’as qu’à dormir, monsieur l’impoli. Même si je jouais beaucoup avec les mots concernant l’autorisation, j’étais persuadée qu’il ne pourrait rien faire et surtout qu’il ne se bougerait pas, ça ferait des ennuis supplémentaires, ennuis dont il voudrait certainement se passer. « Tu vois, ça, c’est un effort. Je te laisse te reposer, j’évite de te parler et je fais ma vie. C’est pas généreux comme proposition, monsieur je râle tout le temps ? » En fait, il ne râlait pas tellement, c’était autre chose mais c’était beaucoup plus facile de le critiquer là-dessus que de percer et avoir plus de difficultés émotionnelles, en bonne empathique que j’étais. J’étais déjà beaucoup trop atteinte comme ça.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Dim 7 Mai - 17:07

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Il y avait un problème, une interférence. Quelque chose empêchait Baymax de communiquer comme il l'aurait souhaité avec la jeune fille qui se trouvait actuellement dans la chambre qu'il partageait avec Sid. À chaque fois qu'il essayait de lui parler, la discussion partait en vrille, et chacune des réactions de la demoiselle lui semblait excessive au point de l'énerver lui-même. Pourtant, d'une manière générale, ses sentiments restaient silencieux, quels qu'ils soient, comme anesthésiés par son statut d'ancien robot, ce qui l'empêchait de pleinement comprendre l'étendue des émotions humaines et de leurs conséquences. Face à un comportement aussi étrange de la part de cette fille, qui semblait désormais penser qu'elle avait tous les droits, il ne put que se montrer hostile, ou plus exactement froid. Pourquoi aurait-il dû faire un effort, si elle n'en faisait pas ? Rien ne justifiait ce qu'elle lui disait, et encore moins sa présence sur place. Cette chambre leur appartenait, à Sid et à lui, mais cela n'impliquait pas directement qu'elle pouvait s'y trouver sans que l'un d'eux y soit. Il fronça les sourcils en réalisant que, dans le cas présent, même ce raisonnement donnait raison à la jeune femme. C'était profondément frustrant, mais il n'était pas encore à même de donner un nom à cette sensation désagréable.

- Jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pas été méchant, déclara-t-il platement, en reposant les yeux sur elle.

Plusieurs fois, Toma avait essayé de comprendre ce qu'elle voulait, pourquoi elle réagissait aussi violemment. Hélas, toutes ces tentatives s'étaient révélées vaines, et il n'avait rien pu faire de plus qu'abandonner. C'est inutile, avait-il pensé, elle va juste réussir à me donner mal au crâne. Réfléchir sans arrêt était terriblement fatiguant, bien plus que les calculs qu'on lui donnait à faire en tant que machine. Désormais, il devait faire affaire avec ce cerveau humain, moins performant, plus rapidement fatigué et, il l'avait vite compris, plus facilement bouleversé.

- Il me préviendrait, si tu étais censée venir, non ? N'était-ce pas de cette façon que fonctionnaient les rendez-vous ? Il fronça les sourcils en y songeant. S'attarder sur des détails comme celui-là ne servait à rien. Pourquoi ne pouvait-il s'en empêcher ? Ce n'est pas simplement une question de repos, mais de respect, tu n'as rien à faire là. Et je ne râle pas je...

Ce bout de phrase fut ponctué d'un soupir, alors qu'il plaçait ses mains de part et d'autre de son nez pour couvrir son visage. Elle allait le rendre fou. Il ne parvenait pas à comprendre ce qu'elle voulait, pourquoi elle lui tenait tête et refusait d'obéir à une demande aussi simple que celle qu'il avait formulée. Il glissa ses doigts à hauteur de sa bouche, inspirant profondément. Qu'importe ce que représentait ce sentiment, il parviendrait à le surmonter et à l'oublier. Il fallait juste qu'il réfléchisse.

- Écoute, je rentre du travail et je suis épuisé, je n'ai pas l'énergie nécessaire pour ... Il fit un geste des deux mains, englobant la rebelle dans une sphère invisible. Traiter autant d'informations.

Ce n'était pas le terme approprié, mais c'était tout ce qu'il avait pu trouver sur le moment. Il secoua la tête, essayant de trouver une solution pour obtenir la tranquillité qu'il désirait tant.

- Si tu tiens vraiment à attendre Sid ici, tu peux, mais j'aimerais que tu restes calme et que tu me laisses tranquille, d'accord ? Je n'arriverai de toute façon pas à dormir avant que tu sois partie.

Et si elle décidait de rester, il lirait certainement quelque chose. À voir ce que proposaient les étagères. Sans attendre plus longtemps, il se dirigea vers ces derniers et tendit le bras pour saisir un volume. Un roman qui parlait d’une ville soumise à une entité que personne n’avait jamais vue. Une histoire d’espionnage, de personnes sur écoute. Il l’avait déjà lu trois fois, mais il s’était passionné pour le récit, alors il ne s’en lassait pas. Le livre en main, il se laissa tomber sur son lit, les yeux rivés sur les pages qu’il tournait rapidement, sa vitesse de lecture étant particulièrement élevée. Ce n’était pas la vitesse d’une machine, mais c’était amplement suffisant pour l’homme qu’il était.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Lun 12 Juin - 18:44

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Une question de respect ? Plus il parlait, plus il lui rappelait malheureusement Nani. Ce qu’il pouvait être agaçant comme garçon. C’était à se demander ce que Stitch pouvait bien lui trouver… Colocataires et confrères, c’était une chose, mais apprécier quelqu’un comme lui… C’en était une autre. Comprendre mon frère avait toujours été une évidence, toujours. Alors, là, j’étais paumée et j’avais beau cherché, rien ne venait. En plus, comment pouvait-il continuer de lui parler quand il savait qu’il se montrait aussi désagréable vis-à-vis de moi ? A croire qu’on se trouvait dans une nouvelle dimension, une dimension parallèle quand on franchissait le seuil de cette porte. Cette chambre devait être hantée ou habitée par des esprits moqueurs ou un truc dans le genre. A moins que ce ne soit cet humain à l’aspect sentimental de robot qui manipulait Sid, comme on l’appelait à Fantasia Hill. Peut-être même que… « Dis-moi, monsieur le grincheux amoureux du respect, tu ne connaîtrais pas des techniques de vaudouisme par hasard ? » Moi ? Suspicieuse ? Si peu… J’avais déjà songé à tout ça concernant Mertle et pourtant, je n’étais pas une fille aussi désagréable que lui. C’était les autres qui ne me comprenaient pas et qui ne cherchaient pas à m’accepter telle que j’étais, comme il le faisait en ce moment. Toutes les excuses étaient bonnes pour me rejeter, sous prétexte que monsieur était fatigué. Moi aussi, j’étais épuisée, faut pas croire. Seulement, j’avais bien le droit d’attendre son colocataire, non ? « Oh ? Il ne t’a pas prévenu ? J’en suis vraiment navrée, crois-moi. » Si je cherchais la petite bête ? Pas du tout… De toute façon, c’était lui qui avait commencé. Je pouvais bien attendre Stitch calmement alors pourquoi toute cette leçon de moral ?

Monsieur était certainement au-dessus des autres, sans reproches, ni défauts. « En fait, t’es un vrai robot. Incapable de « traiter des informations », incapable de comprendre les autres et ne parlons même pas de tes sentiments, t’es pire que tous ceux que j’ai croisé, incapable de dominer tes émotions, un vrai carnage ! » Oui, il me rendait littéralement folle. A chaque fois que je croisais sa route, c’était tout ou rien. Il était totalement anxiogène. Le stress des gens, j’avais l’habitude de le ressentir malgré moi, mais lui, c’était un bordel intégral, une vraie plaie. Je ne pensais pas être si proche de la réalité. « Tu crois vraiment que t’es le seul à vivre des choses difficiles ? On me prend pour une folle depuis que je me retrouve coincée dans ce corps et dans cette ville, parce que je parle d’un « dessin-animé » et je dois quand même voir ces gens tous les jours, en cours. » Je m’emportais, je le savais bien mais c’était plus fort que moi. Il ne cessait de se plaindre, ne cessait de me reprocher des choses et d’autres et je n’avais pas renoué avec ma sœur pour que quelqu’un d’autre prenne sa place, surtout quelqu’un dans son genre, quelqu’un que je ne connaissais pas et qui était trop… brouillon. « J’étais pas venue pour te saouler mais tu te permets de me juger, comme ça, simplement. Si t’avais des amis, tu comprendrais que j’ai besoin de Stitch ! T’es vraiment qu’un MORALISATEUR INSENSIBLE ! » J’étais hors de moi. Décidément, j’étais incapable de tenir en sa présence. Quel emmerdeur. Il m’autorisait à rester ? J’avais bien envie de me barrer à l’instant et pourtant, je restais, par fierté.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Mer 21 Juin - 20:29

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Toma essayait de se contrôler. Les émotions fortes qu’il ressentait à chaque fois qu’il se trouvait en présence de cette jeune femme allaient le rendre fou. Comment était-il possible qu’une personne, une seule, soit capable de vous donner l’envie de hurler et de vous arracher les cheveux par poignées ? La seule présence de Moana lui faisait monter le rouge au visage et le crispait tout entier. Mais peut-être était-ce le fruit de son imagination ? Peut-être sa colère n’était-elle pas aussi évidente. Par manque d’habitude, le moindre sentiment était accablant pour l’ancien robot, et il ne pouvait qu’attendre que cela passe, en prenant son mal en patience. Même si, de la patience, il n’en avait pas beaucoup, lorsqu’il était question de cette fille.

« Du vaudouisme ? » Il savait ce que c’était, mais il n’y croyait pas. Aussi ses sourcils se froncèrent-ils aux propos de la jeune femme. « Non ? Pourquoi » Mais loin d’en rester là, il n’avait pas tardé à répondre à nouveau, espérant mener au terme la conversation sans queue ni tête qu’ils entretenaient depuis trop longtemps. En vain. Voilà que la demoiselle reprenait la parole et donnait un parfait exemple de ce qui l’agaçait plus qu’autre chose chez elle. Ses mots disaient le contraire de son attitude. Difficile, même en étant humain depuis un an, de comprendre l’ironie. Quand elle se tut à nouveau, Baymax en fit de même. C’était mieux.
Ou peut-être pas ?

Le regard de l’ancien robot s’ancra sur le visage de Moana quand elle reprit la parole. Oui, il était un vrai robot. La ‘petite’ ne semblait pas réaliser à quel point elle avait raison. Il était un robot, sans aucun sentiment, sans aucun souvenir. Sans aucun moyen de remettre un nom précis sur les visages qu’il avait pu garder en mémoire. Un amas de donnée, de formules, stockées sur une carte mémoire et traitées par un processeur. Une calculatrice géante qui ne s’arrêtait que sur commande. C’était ce qu’il était, avant son éveil devant le manoir. C’était ce qu’il ne serait peut-être plus jamais. Et en dépit de tous ses efforts, il ne pouvait s’inventer des souvenirs passés, découvrir des émotions qu’il n’avait jamais expérimentées, ni les comprendre.

Sous les mots de la jeune femme, difficile de s’y retrouver. Il ne savait s’il était en colère, frustré ou triste. Il était confus, c’était chose sûre. Les yeux posés sur le visage de Moana, il y chercha une réponse. La colère, il avait appris à la reconnaître. Elle était violente, soudaine. Il la ressentait également, mais l’incompréhension avait pris le dessus depuis quelques secondes, l’empêchant de voir clair dans ce qu’il éprouvait. « Tu devrais réfléchir à ce que tu dis. » C’est tout ce dont il fut capable, dans un premier temps. Le temps de faire le tri dans ce qu’elle avait dit. Le temps de comprendre et de reconnaître le sentiment qui, petit à petit, s’imposait dans son cœur. Son cœur lui faisait mal, comme s’il était serré. Il avait du mal à avaler. Mais il n’était pas malade, tout allait bien à ce niveau. « Je ne te connais peut-être pas, mais toi non plus, tu ne me connais pas. » Qui était-elle pour juger des efforts qu’il faisait, lui aussi ? Il y avait un mur entre eux. Un mur infranchissable. Il posa son livre sur la table de nuit et se redressa, laissant échapper un soupir, sur le départ. « Puisque ce n’est pas toi qui part, c’est moi. Tu t’expliqueras avec Sid. » Parce que, contrairement à ce qu’elle pensait, il n’était pas insensible. C’était bien le problème.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Dim 9 Juil - 22:18

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— with baymax toma suzuki

Tout se bousculait en moi : la colère, la tristesse et la fatigue. Plus ça allait, plus je me demandais réellement ce que Stitch pouvait lui trouver. Ce… Toma était incapable de canaliser ses émotions, incapable de comprendre les autres et incapable de parler correctement. Je n’étais pas en état de reconnaître que j’allais peut-être, moi aussi, trop loin quand je lui parlais parce que je faisais face à de l’injustice et il n’y avait rien de pire pour moi. J’avais été trop souvent rabaissée et malmenée par des imbéciles, par des pimbêches et des petits débiles, pour ne pas dire autre chose – parce qu’il paraît que c’est impoli – et je l’étais encore, dans cette nouvelle ville, cette nouvelle vie pour me contenir. Il ne méritait certainement pas tout ça, toute cette haine et toute cette rage mais si je me bagarrais en cours, je risquais beaucoup plus. On peut appeler ça de la malchance ou le destin, ça ne changeait rien à la situation. Il s’en prenait plein la figure et j’étais injuste, mais surtout injustement jugée, encore une fois, une fois de trop.

En plus de ne rien comprendre aux autres, il ne comprenait rien au sarcasme et à l’ironie. Soit il était complètement débile, soit il avait vécu dans un monde rempli de robots. Il ressemblait vraiment à l’une de ces machines. J’étais désespérée et je le fis comprendre par un soupire non-dissimulé, ainsi qu’en levant les yeux au ciel. Je n’allais pas cacher mon agacement. De toute façon, j’étais toujours franche, une vraie brut de décoffrage. S’il n’y comprenait rien, je préférais économiser de la salive. C’était certainement mieux comme ça, pour lui, comme pour moi. Enfin, plus pour moi que pour lui. Ce n’est pas comme si ça pouvait le toucher. Rien ne le touchait. Il était imperturbable. Pas tout à fait, mais je n’avais pas accès aux nuances quand j’étais dans un tel état. Il n’était rien de plus qu’un élément perturbateur. Il ne valait pas mieux que mes professeurs ou Nani, fut une époque. Pour autant, je ne voulais pas fuir. C’était lui qui avait commencé. C’était lui qui m’avait blessée.

Je devrais réfléchir à ce que je dis ? C’était lui qui me disait ça, vraiment ? Il était culotté. C’était bien lui qui m’avait jugé dès le départ, qui me reprochait ce que je n’avais pas encore fait, sans la moindre certitude que j’allais être pénible, comme il l’avait clamé. Il se moquait du monde. « J’y penserai quand tu le feras aussi, parce que celui qui a jugé, à peine rentré dans la chambre, c’est toi. Alors garde tes leçons de moral pour ton esprit fermé. » Encore une gifle psychologique. Tant pis. Il l’avait bien méritée. Il continuait avec ses reproches, tel un gosse. C’est celui qui dit qui est… C’est tout ce que j’entendais. J’étais foutrement cruelle et puérile mais je m’en moquais. Ce qui comptait pour l’instant, c’était ma propre conservation… « Comme si j’avais besoin de m’expliquer avec Stitch… » Il prendra toujours mon parti… Je l’espérais, en tout cas. Soudainement, suite à cette ultime menace, je sentais mon ventre se nouer. Il ne pouvait pas plus me toucher droit dans le cœur. C’était ma plus grande crainte, qu’il m’en veuille et me tourne le dos. « Bon vent ! » Lui avais-je crié, comme pour essayer de mettre cette peur dans un coin de ma tête.

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MessageSujet: Re: Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax   Lun 31 Juil - 14:58

je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre !
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Son esprit fermé. Toma réalisait qu’il n’était pas aussi capable de comprendre les autres que certains individus qu’il avait rencontré depuis son arrivée dans le monde des hommes. Il enviait les infirmières et médecins qui s’adressaient à leurs patients avec une délicatesse qui lui manquait cruellement. Des personnes qui fondaient en larmes d’une seconde à l’autre après qu’il ait ouvert la bouche, il n’en avait vu que trop. Hélas, il ne parvenait à mettre le doigt sur ce qui n’allait pas. Jamais un parent ne l’avait pris par la main pour lui expliquer qu’une chose se disait, une autre, pas. Jamais une mère ne lui avait expliqué pourquoi il était intelligent de tenir sa langue lorsqu’une vérité pouvait blesser. Toutes ces choses manquaient à sa formation. Les seules peines qu’il pouvait guérir étaient celles de l’immunité.

Mais cette fois, il ne répondrait pas. Il resterait là, les poings et lèvres serrées. Parce que les propos de Moana l’avaient atteint dans une partie de lui qu’il essayait de ne pas dévoiler, qu’il essayait d’oublier. Parce qu’être une machine dans un corps d’homme était une chose difficile à vivre, mais qu’elle ne semblait pas le réaliser. Que tous les efforts qu’il faisait depuis le début semblaient être vains, simplement parce qu’elle l’avait décrété. Il ne lui parlerait plus.

Le pire, dans cette histoire, c’était la façon dont elle lui parlait. Comme si rien de ce qu’il avait pu dire n’était vrai. Comme s’il n’avait été rien de plus qu’un idiot incapable de comprendre ce qu’on lui racontait. Il était peut-être une machine, mais il méritait le respect. Que Stitch tienne avec elle n’était pas important. Moana ne devait plus rester à proximité, pas s’il souhaitait conserver un minimum de santé mentale. Elle avait une trop mauvaise influence sur lui et sur sa capacité à contrôler sa colère, ou plus simplement ses nerfs.

« Bien, alors n’explique rien du tout. » Il était fatigué. Fatigué et las du comportement de cette fille qui ne comprenait pas plus que lui. Il n’aurait jamais osé affirmer une chose pareille, de son côté. Assumer qui elle était. Il demandait juste un peu de calme. « Parfait. » Et sans attendre plus longtemps, il récupéra sa veste et la lança par-dessus son épaule, se redressant pour quitter la pièce, abandonnant la jeune fille sur le lit qu’elle occupait, bien décidé à parler à un membre du personnel pour obtenir un changement de chambre dans les plus brefs délais. Elle était insupportable.

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Je ne squatte pas, c'est aussi ma chambre ! ft. Baymax
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